Berlinale 2017: le président du jury, Paul Verhoeven, confie vouloir controverses et surprises

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Le cinéaste néerlandais Paul Verhoeven, président du jury du festival du film de Berlin qui s’ouvre jeudi, a confié dans une interview publiée mercredi vouloir des controverses et des surprises, jugeant que le cinéma y parvenait de plus en plus rarement. «J’espère qu’il y aura des idées que je n’ai pas encore vues, qu’elles soient éthiques ou immorales, peu importe», a déclaré au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung le réalisateur de 78 ans à la veille du coup d’envoi de la Berlinale, premier grand festival de cinéma de l’année en Europe. «(Je veux voir) des films controversés (…) Quelque chose qui me surprenne, d’une façon ou d’une autre. Ca n’arrive plus si souvent au cinéma», a-t-il ajouté, estimant que «le pire» serait que le jury se retrouve à devoir trancher entre «3 ou 4 candidats tout juste «okay»». «En tant que président du jury, je dois rester mesuré. Il est important que nous prenions des décisions qui puissent satisfaire tout le monde», a-t-il néanmoins ajouté. Au total, 24 productions internationales seront présentées dans la sélection officielle, dont 18 se disputeront l’Ours d’or qui sera remis le 18 février. Réalisateur provocateur, parfois surnommé le «Hollandais violent», Verhoeven a débuté sa carrière aux Pays-Bas avant de partir aux Etats-Unis pour y tourner la plus grande partie de son oeuvre, de «Robocop» (1987) à «Starship Troopers» (1997) en passant par «Total Recall» (1990), «Basic Instinct» (1992) ou «Hollow Man» (2000). Après «Black Book» (2006) et une période consacrée à l’écriture, il a fait un retour remarqué à la mise en scène en 2016 en signant «Elle», thriller transgressif franco-allemand avec l’actrice française Isabelle Huppert, en lice pour l’Oscar de la meilleure actrice. En 2016, l’Ours d’or avait été décerné au cinéaste italien Gianfranco Rosi pour «Fuocoammare», un documentaire sur les migrants à Lampedusa.