C. BALDELLI (RTL) : « Ma mission est de consolider nos acquis »

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Rentrée stable sur RTL. La première radio généraliste de France, qui se fait actuellement racheter par le groupe M6, dévoile ses ambitions pour la saison. Tour d’horizon avec Christopher BALDELLI, Président du Directoire de RTL.  

média+ : Quelle est votre logique de grille pour cette saison 2017-2018 sur RTL ?

Christopher BALDELLI : La saison passée, notre radio n’a jamais été aussi puissante. Plus de 6,5 millions d’auditeurs nous écoutent quotidiennement. Depuis 15 ans, jamais RTL n’a jamais réuni autant de monde. Avec ce type de performances, l’objectif d’un patron de radio est de consolider les acquis. A la différence de ce qui s’est passé sur ces dernières années où nous avons apporté beaucoup de changements, nous misons cette saison sur l’attractivité des programmes installés avec succès. Notre seul recrutement extérieur est celui d’Amandine Bégot qui présente le journal de 7h30 ainsi que la revue de presse. Nous n’avons pas ressenti la nécessité d’aller chercher d’autres talents à l’extérieur car nos stations en sont déjà très riches. Nous avons promu une nouvelle génération issue de la pépinière RTL, à l’instar de Benjamin Sportouch au «Grand Jury» et de Julien Sellier au «Petit Matin». Je tiens à redire que la grille de RTL d’aujourd‘hui n’a rien à voir avec ce qu’elle était il y a 8 ans. Nous l’avons modifiée à 90%. Et si nous ne l’avions pas fait, RTL ne serait peut être plus la première radio de France.

Vos performances sont-elles engendrées aussi par faiblesse de certaines stations ?

Le média radio se porte bien. Le numérique lui donne l’occasion de se développer. La radio n’a rien perdu de sa pertinence, bien au contraire. Elle est même plus écoutée aujourd’hui qu’elle ne pouvait l’être il y a quelques années. Après, entre les différentes radios, la concurrence est toujours forte. De plus, la concurrence radiophonique, c’est aussi les chaînes d’info en continu. Certains concurrents vont mieux que d’autres. Il se trouve que RTL est en grande forme depuis un certain nombre d’années. Si nous sommes leaders, c’est surtout parce que nous avons su prendre des décisions stratégiques et structurelles, des décisions que nos concurrents avaient publiquement jugées risquées à l’époque.

Quels en sont les avantages et les inconvénients rachat du groupe RTL par M6 ?  

Le 1er avantage est d’ordre publicitaire. Le groupe M6 capte près de 25% du marché publicitaire télévisuel. Quant au pôle radio RTL, qui comprend RTL, RTL2 et Fun Radio, c’est à peu près la même chose. En unissant nos forces sur un marché très concurrentiel, 1+1 doit faire plus que 2. Concernant le numérique, on ne dispose pas des mêmes moyens que M6. Notre rapprochement est l’occasion de booster nos sites, notre offre digitale globale, et de faire évoluer notre offre d’information. En termes de promotion croisée, c’est aussi clairement un vrai plus. Les inconvénients, aujourd’hui je n’en vois pas et les dirigeants se monteront très vigilants durant cette période d’intégration pour les éviter. Ce sera aussi mon rôle comme Vice-Président du groupe M6 en charge du pôle radio et de l’information quotidienne à la fois en TV et radio.

Entre le groupe RTL et M6, quelles seront les passerelles pour vos animateurs ?

 L’antenne de RTL n’est pas celle de M6. Il y a une autonomie, des lignes éditoriales différentes. Après, s’il y a des talents de M6 exportables en radio, nous les regarderons au cas par cas, et inversement, sans faire peser de contraintes. A ce jour, des animateurs comme Karine Lemarchand et Stéphane Plaza sont sur «Les Grosses Têtes. Alba Ventura et Eric Zemmour sont quant à eux sur Paris Première.

Quelles sont les priorités de votre feuille de route ? 

Notre priorité numéro 1 est que le pôle radio RTL soit toujours aussi performant en puissance. Toutes nos équipes y sont profondément engagées. La deuxième priorité est de réussir l’intégration avec le groupe M6 aussi bien en termes humains qu’opérationnels. Il va falloir être très attentif dans l’année à venir.