Le CSA a auditionné Sibyle Veil, candidate à la présidence de Radio France qui fait figure de favorite

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Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a auditionné mercredi Sibyle Veil, candidate à la présidence de Radio France qui fait figure de favorite et qui a fait valoir devant les Sages sa bonne connaissance du groupe dont elle est directrice déléguée depuis 2015. C’était la troisième des six candidats à présenter son projet, au lendemain des auditions de François Desnoyers et Guillaume Klossa. Devait suivre ce mercredi Bruno Delport (53 ans), dirigeant de radios privées (Oüi FM, Radio Nova, TSF Jazz…). Christophe Tardieu (53 ans), haut fonctionnaire spécialisé dans le domaine culturel, et Jérôme Batout (39 ans), économiste et philosophe, seront reçus jeudi. Le CSA doit désigner dans la foulée le successeur de Mathieu Gallet, révoqué après sa condamnation pour favoritisme quand il dirigeait l’Ina. «Rien n’est joué d’avance», a affirmé mercredi aux Echos Nicolas Curien, président suppléant du CSA. «C’est un moment important pour moi car j’ai toujours aimé la radio et la radio de service public m’a toujours accompagnée dans ma vie», a assuré Sibyle Veil, 40 ans, seule femme candidate à la succession de Mathieu Gallet et directrice déléguée en charge des opérations et des finances de Radio France depuis 2015. Devant un conseil restreint à 5 Sages au lieu de 7, Sibyle Veil a fait valoir sa bonne connaissance de la Maison Ronde ainsi que son expérience en matière de réformes, «ayant déjà conduit des changements au sein d’organisations de service public». Elle a précisé qu’elle avait demandé la suspension de son contrat de travail depuis le 4 avril, date où le CSA a annoncé les candidatures. «Il faut préparer Radio France pour qu’elle soit le fer de lance de la mutation de l’audiovisuel public», a-t-elle indiqué, proposant notamment que franceinfo «devienne le coeur de l’information chaude sur l’international», en travaillant avec France Médias Monde, ou encore que le service investigation de Radio France coordonne «des enquêtes à l’échelle de toutes les rédactions du service public». Parmi les priorités de la candidate : la «révolution des usages», le positionnement stratégique des antennes, l’»ouverture sur la jeunesse et la création», mais aussi l’ouverture d’un chantier «sur l’éditorial et la production» avec «le décloisonnement de certains des 240 métiers». «La grève de 2015 nous a enseigné que pour être légitime, ce travail doit être pensé avec les équipes», a-t-elle ajouté. Elle a également souligné qu’elle veillerait à l’indépendance de Radio France: «j’ai commencé ma carrière au Conseil d’Etat et j’ai ce souci d’indépendance chevillé au corps».