J.M DUPIRE (Game One) : «Il y a 20 ans, le marché télévisuel n’était pas vraiment adapté aux contenus gaming»

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Jean-Marc DUPIRE, Directeur de Game One (Viacom Network France)

Pionnière sur le jeu vidéo depuis sa création en 1998, Game One est devenue la chaîne de référence sur la culture geek et l’actu gaming. L’occasion pour media+ de rencontrer Jean-Marc Dupire, Directeur de Game One (Viacom Network France).

MEDIA +

Quel bilan dressez-vous ?

JEAN-MARC DUPIRE

Le bilan est excellent. Qui aurait pu croire à la longévité il y a 20 ans d’une chaîne de télévision dédiée à l’univers du jeu vidéo ? Le marché télévisuel n’était pas nécessairement adapté à ce contenu. C’était donc un peu incongru et ambitieux. Game One a été précurseur sur le «Let’s Play», ce phénomène dans lequel des joueurs se filment et commentent la partie qu’ils jouent en temps réel.

MEDIA +

Game One s’est élargie à toute la culture geek et aux mangas. Cet élargissement éditorial était-il nécessaire ?

JEAN-MARC DUPIRE

Oui, bien évidemment. Au départ, nous étions très axés sur le jeu vidéo. Il y a 20 ans, c’était une activité en développement, un peu de niche. Pour que cela perdure, il a fallu élargir à d’autres formes de divertissements, toujours rattachées à la culture geek au sens noble, à savoir le manga, le high-tech et le web.  

MEDIA +

Les pratiques du jeu vidéo ont fortement évolué. Qu’avez-vous observé en 20 ans ?

JEAN-MARC DUPIRE

Quand la chaîne a démarré, il n’y avait quasiment pas internet et surtout pas de haut débit. Les pratiques et les manières de jouer se faisaient très peu en réseau. C’était balbutiant. Il a fallu s’adapter aux évolutions technologiques et aux modes de jeux. L’E-sport par exemple grandit sous nos yeux depuis deux décennies. Nous y étions dès les débuts puisque nous avions couvert en 2004 la Coupe du Monde des jeux vidéo en direct.

MEDIA +

Comment couvrez-vous dorénavant le jeu vidéo ?

JEAN-MARC DUPIRE

Il a fallu trouver notre ton pour se différencier de la presse spécialisée à une époque, aux sites web ainsi qu’aux contenus digitaux. Le jeu vidéo, nous le traitons en divertissement à travers une émission en direct toutes les semaines. Nous sommes la seule chaîne thématique de divertissement (hors sport et info) à proposer des émissions en live. Nous produisons également des modules éditoriaux. Notre approche est beaucoup plus expérientielle.

MEDIA +

Êtes-vous concurrencé par les chaînes d’E-sport ?

JEAN-MARC DUPIRE

Non, pas du tout ! Il y a une différence entre une chaîne d’E-sport et une antenne dédiée aux jeux vidéo et à la culture geek au sens large. Nous brassons des publics complémentaires.

MEDIA +

Quel est votre public justement ?

JEAN-MARC DUPIRE

Il est à 70% masculin. Nous rassemblons beaucoup de 15-35 ans. Nous touchons aussi deux générations de téléspectateurs avec les papas qui jouent avec leur fils et qui étaient les premiers fidèles de Game One. 

MEDIA +

Quelles sont les perspectives de Game One ?

JEAN-MARC DUPIRE

Nous allons continuer à nous appuyer sur nos fondamentaux. La culture geek et celle du jeu vidéo ne sont pas prêtes de s’arrêter. Notre travail va aussi porter sur le suivi des compétitions de jeux vidéo. Nous développons cette prise de parole «divertissement» autour de l’expérience et du partage que procure le jeu vidéo. Nous avons lancé un cycle de Prime Time sur des univers liés à la culture geek avec des histoires de collectionneurs de goodies et de collectors.

MEDIA +

Quelle est la part d’inédits dans vos séries animées ?

JEAN-MARC DUPIRE

Il y a deux niveaux. D’une part, les séries cultes qui continuent au Japon et dont nous récupérons les saisons inédites. D’autre part, il y a de nouvelles séries qui rejoignent les rangs comme «Black Clover». Nous les programmons généralement en «after school».

MEDIA +

C’est parti pour 20 années supplémentaires ?

JEAN-MARC DUPIRE

Je nous le souhaite vraiment !