L. GUIMIER (Europe 1) : «Nous travaillons dans la sérénité et l’optimisme»

Laurent GUIMIER, Vice-Président d’Europe 1

Depuis le 27 août, Europe 1 se renouvelle en profondeur. C’est la délicate mission de Laurent GUIMIER, Vice-Président d’Europe 1, qui a pour ambition de faire revenir les auditeurs. A l’issue de la conférence de presse de la radio qui s’est tenue hier matin, le nouveau patron nous a détaillé son plan d’action. 

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Quelques jours après la rentrée d’Europe 1, quel est votre état d’esprit ?

Laurent GUIMIER

Conquérant, optimiste et serein. On nous attendait au tournant. L’équipe a vécu des années assez compliquées avec beaucoup de changements mais assez peu d’évolutions. Nous avons beaucoup de choses à faire évoluer : relation avec les auditeurs, présence sur les réseaux sociaux ou encore modification des formats d’information. Sur ce dernier point, nous l’avons appliqué avec Matthieu Belliard tous les soirs entre 17h et 20 heures. Nous avons rompu avec la tradition du sacro-saint journal qui commence à telle heure, suivi d’un développement et d’une chronique un peu amusante. Tout cela est terminé. On tente autre chose et c’est motivant !

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Pourquoi avoir supprimé le nom des émissions ?

Laurent GUIMIER

Parce que ça ne sert à rien, sauf quand l’émission est emblématique, connue et installée. Je préfère mettre en avant le nom des animateurs qui, tous, incarnent une certaine façon de faire de la radio. Quand Anne Roumanoff, Matthieu Noël ou Laurence Boccolini sont à l’antenne, il n’y a pas besoin de mettre un titre. C’est dans cette logique que nous avons aussi supprimé les hashtags des émissions. Un hashtag par émission, c’était comme avoir un numéro de téléphone par programme. Vouloir faire moderne en faisant du hashtag, ça n’a aucun intérêt. Si le hashtag sert à interagir avec l’antenne, autant en avoir un seul (#Europe1). Tout cela est muri.

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Votre priorité est donc de réinvestir le côté «populaire» d’Europe 1 ?

Laurent GUIMIER

Réinvestir, c’est-à-dire revenir à ce que nous avons toujours été. Encore une fois, Europe 1 c’est la radio de Bellemare, Coluche, Delarue, Gildas, Fogiel mais aussi d’Aliagas, Roumanoff et Boccolini. Ça ne peut pas être autre chose. Après, ça ne garantit pas un succès rapide, immédiat et fulgurant. Je l’ai vécu dans un registre complètement différent à franceinfo. Quand j’y suis arrivé en 2014, il y avait beaucoup de questions autour de l’identité de la radio. Les premières victimes de ce questionnement étaient les équipes elles-mêmes. Je leur ai dit que franceinfo ne pouvait être qu’une chaîne réactive, exigeante qui donne l’info toutes les 10’. C’est pour ça qu’elle a été créée, et ça a fonctionné. Quant à Europe 1, c’est différent. C’est un média extrêmement populaire, interactif et impertinent. On parle d’égal à égal avec les auditeurs.

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Peut-on imaginer des réajustements après la première vague d’audience ?

Laurent GUIMIER

Les réajustements, nous en avons fait au bout d’une semaine avec le changement de programmation de l’émission de Laurence Boccolini. Elle ne se sentait pas très bien dans le format. On en a parlé et au bout de 5 jours, nous avons décidé de modifier la grille. Cette décision exprime beaucoup plus de sérénité que de fébrilité. Tout ce que l’on ajuste, c’est en fonction de notre conviction. Quand l’animateur et moi arrivons à la même conclusion, il n’y a pas à attendre une étude qualitative ou un sondage Médiamétrie. Encore une fois, rien n’est grave, il n’y a pas mort d’homme. On est dans un média qui bouge et qui se réinvente.