Londres pointé du doigt dans le piratage de l’opérateur téléphonique belge Belgacom

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A part Milan, les principales Bourses européennes gagnaient environ 1% mardi à mi-séance, portées notamment par les compartiments automobile et minier ainsi que par la poursuite du rebond du titre Deutsche Bank. À Paris, le CAC 40 prend 0,77% à 12h40. À Francfort, le Dax progresse de 0,42% et à Londres, le FTSE bondit de 1,6%./Photo d'archives/REUTERS/Pawel Kopczynski

La justice belge pointe du doigt les services de renseignement britanniques dans un rapport remis au gouvernement, à Bruxelles, concernant le piratage entre 2011 et 2013 de données internes de l’opérateur téléphonique belge Belgacom (devenu Proximus), affirme jeudi le quotidien belge L’Echo/De Tijd.

Ce rapport, qui résume une enquête judiciaire de cinq ans «presque terminée» selon le journal, a été remis au cabinet du ministre de la Justice Koen Geens, a confirmé une source proche du dossier.

Et, selon cette même source, «il va être débattu au sein du Conseil national de sécurité», instance qui regroupe autour du Premier ministre belge les titulaires des principaux portefeuilles (Défense, Affaires étrangères, Justice, Intérieur).

Contactés le parquet fédéral belge, qui a chapeauté l’enquête, et le cabinet de Koen Geens ont refusé tout commentaire.

Ce scandale est une des conséquences des nombreuses révélations faites en 2013 par le lanceur d’alerte Edward Snowden.

Ce dernier a mis au jour l’ampleur des interceptions de communications par l’Agence de surveillance américaine (NSA) mais aussi par des relais comme le GCHQ, un service du gouvernement britannique chargé de collecter des renseignements électroniques.

C’est précisément le GCHQ qui est montré du doigt dans l’enquête belge, d’après L’Echo/De Tijd.

Le rapport du parquet fédéral belge, poursuit le quotidien, s’appuie sur «une vingtaine de «slides» éloquents» réalisés par le Network Analysis Centre, un département du GCHQ.

Y figurent notamment «les cibles» du piratage, à savoir «les routeurs GRX de Belgacom et de Bics» (sa filiale internationale, ndlr), qui permettent d’accéder aux communications passées via les opérateurs étrangers partenaires de la firme belge.

A l’été 2013, quand le scandale avait éclaté, le journal flamand De Standaard avait affirmé que cette filiale Bics (Belgacom International Carrier Services) était centrale dans l’opération d’espionnage, dans le but d’accéder à des communications avec des numéros de pays du Moyen-Orient. La Syrie et le Yémen étaient cités et c’est la NSA qui était suspectée.

De son côté, le parquet fédéral avait relevé l’aspect très sophistiqué du «hacking», amenant à «orienter les investigations vers une opération internationale d’espionnage étatique».

Le Premier ministre belge de l’époque, Elio di Rupo, avait promis en septembre 2013 d’entreprendre «les démarches appropriées» si «l’implication à haut niveau» d’un pays étranger était confirmée.