Samedi 20 septembre à 18h50 dans le magazine «ARTE Reportage», Antoine Védeilhé (Prix Albert-Londres 2024) présente son film «Inde : le viol, les castes, l’injustice» (44’/ ARTE GEIE, Keyi Productions), avec Abhijeet Pandey et Thomas Pham-Hung. Kinjal, 17 ans aujourd’hui, raconte une Inde malade du viol. Il y a trois ans, cette jeune fille qui appartient à la communauté Dalit, les « Intouchables » tout en bas du système des castes, a été battue et violée par le fils du propriétaire terrien qui emploie son père. Pour étouffer l’affaire, la famille de l’agresseur a proposé un «compromis» : une très grosse somme d’argent et une parcelle de terre. Mais le père de Kinjal a refusé et a porté l’affaire devant les tribunaux. Un acte de courage rare, un affront pour les castes supérieures. En signe de son combat, il a décidé de se laisser pousser les cheveux et de marcher pieds nus jusqu’à ce que sa fille obtienne justice. Pendant six mois, Abhijeet Pandey et Antoine Védeilhé («Les petits forçats de l’or» Prix Albert-Londres 2024 avec Germain Baslé) ont accompagné Kinjal et sa famille, soutenues par leur avocat et Manjula, activiste des droits humains, dans leur quête de justice, filmant leur quotidien en suspens, leurs longs voyages infructueux à la ville, face à la lenteur et la défaillance des tribunaux indiens et au sentiment d’impunité des agresseurs. Une plongée au cœur de la société indienne, où le poids des traditions continue dans certaines régions d’assujettir des millions d’enfants et de femmes à la violence, mais où le combat politique des plus humbles constitue, lui aussi, une tradition bien ancrée.

































