F. DUHAYOT (Studio 89) : «Top Chef est plus qu’une émission : c’est une institution qui avance en phase avec la gastronomie.»

F. DUHAYOT (Studio 89) : «Top Chef est plus qu’une émission : c’est une institution qui avance en phase avec la gastronomie.»

À la tête de Studio 89, Florence Duhayot pilote l’une des marques les plus puissantes du PAF : «Top Chef». À l’occasion de la saison 17 dès le 4 mars sur M6, la dirigeante revient sur les choix éditoriaux, l’évolution du concours culinaire et les défis de production.

MEDIA +

Pourquoi est-il devenu nécessaire de repenser en profondeur la mécanique de «Top Chef» ?

Florence DUHAYOT

«Top Chef» évolue depuis 17 ans en même temps que la gastronomie française. Or, la cuisine change, les attentes du public aussi : il était donc naturel que l’émission accompagne ce mouvement. Ce qui fait la singularité de «Top Chef» sur M6, c’est précisément son impact. Nous ne sommes pas seulement face à une émission de télévision : il s’agit d’un rendez-vous culturel fort, qui suscite un véritable engagement. L’émission est devenue une institution parce qu’elle a toujours avancé en phase avec son époque. Regardez notre jury : tous ont cherché à toucher un public plus large et à sortir la gastronomie de ses frontières traditionnelles en ouvrant des restaurants éphémères, en faisant de la vente à emporter, en développant des concepts différents… Nous nous sommes donc demandé comment traduire cette tendance à l’écran. C’est cette réflexion qui a inspiré la saison actuelle.

MEDIA +

La sortie du plateau marque un tournant fort. Est-ce avant tout un choix éditorial ?

Florence DUHAYOT

C’est clairement un choix éditorial. Notre objectif est de coller à l’évolution de la cuisine en France. Lorsque la gastronomie se transforme, «Top Chef» doit en être le reflet. En revanche, l’ADN demeure intact : nous restons un concours culinaire, et à la fin il y aura un gagnant – celui qui incarnera le cuisinier de demain. Notre ligne directrice est simple : proposer un concours exigeant sur toute la saison, mais capable de s’adapter aux grandes tendances. Aujourd’hui, les chefs ne possèdent plus uniquement une table étoilée ; ils multiplient les formats et les expériences. C’est ce que nous cherchons désormais chez les vainqueurs : cette capacité à embrasser une gastronomie plurielle.

MEDIA +

Parlons des process de production : vous sortez de votre zone de confort cette année.

Florence DUHAYOT

Nous avons toujours tourné en extérieur, donc ce n’est pas un terrain inconnu. En revanche, l’ampleur est sans commune mesure cette saison. Sur un plateau, toutes les coulisses sont à disposition : stockage, logistique, matériel… En extérieur, tout doit être repensé. Il a fallu nous adapter.

MEDIA +

Quels principaux défis techniques et logistiques avez-vous dû relever pour assurer la production ?

Florence DUHAYOT

Depuis 16 ans, nous savons produire hors plateau. La différence aujourd’hui tient à la systématisation. C’est avant tout une question d’ergonomie : organiser différemment la production, trouver le bon rythme, laisser le temps nécessaire entre deux tournages extérieurs… On ne peut pas enchaîner comme on le ferait en studio. Ce sont des ajustements qui se rodent progressivement.

MEDIA +

La saison 17 doit-elle être vue comme une expérimentation ponctuelle ou comme le début d’un nouveau cycle pour «Top Chef» ?

Florence DUHAYOT

C’est une excellente question. Cette saison est avant tout une réponse à l’évolution de la cuisine en 2026. Nous verrons ce que l’avenir nous réserve et nous nous adapterons, comme nous l’avons toujours fait.

MEDIA +

On observe une «plateformisation» des usages. Cela change-t-il votre manière de raconter, de monter ou de tourner ?

Florence DUHAYOT

Au fond, la mécanique reste la même : il y a la grande histoire et les petites histoires. La grande histoire de «Top Chef», c’est la question finale – qui va gagner ? – avec des éliminations successives. Mais chaque épisode raconte aussi son propre récit. «Les Traîtres» fonctionnent de façon similaire : la grande intrigue oppose traîtres et loyaux, tandis que chaque Prime apporte sa table ronde et son cliffhanger. Pour nous, c’est essentiel. Dans une compétition installée sur la durée, il faut maintenir le public en haleine tout au long de la saison, pas uniquement lors du Prime. Les cliffhangers, les twists, le suspense: tout cela est indispensable. Si nous ne parvenons pas à créer cette tension narrative, peu importe que les téléspectateurs regardent en linéaire ou en rattrapage – ils décrocheront. En ce sens, la plateformisation n’a pas bouleversé notre façon de construire l’émission.

LES DIRIGEANTS

F. DUHAYOT

Directrice générale

COORDONNEES

114 Avenue Charles de Gaulle

Neuilly-sur-Seine

DATE DE CREATION

2004

PRODUCTIONS

«Top Chef», «Cauchemar en cuisine», «Mariés au premier regard», …

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