En 2024 en France, plus de 4 atteintes à la liberté de la presse sur 10 étaient dues à «des acteurs publics ou représentants de l’État» (forces de l’ordre, élus…), selon le premier rapport d’une association qui s’est créée pour les recenser. Cette structure, l’Ofalp (Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse), a comptabilisé 91 atteintes de toutes natures (menaces, pressions, atteintes physiques, poursuites judiciaires…) en 2024.
Pour 38 d’entre elles, «l’auteur principal fait partie du groupe des acteurs publics ou des représentants de l’État», selon le rapport. Dans cette catégorie, les forces de l’ordre sont les plus représentées (14 cas), devant les parlementaires (8 cas). Sept cas impliquent des députés («tous affiliés au RN ou liés à l’extrême droite», selon le rapport) et un est lié à une sénatrice LR.
«C’était une année d’élections (européennes et législatives, ndlr), il y aura peut-être moins d’atteintes liées au monde politique» dans les futures éditions du rapport, a déclaré la journaliste Cécile Dolman, coprésidente de l’Ofalp, lors d’une conférence de presse.
Parmi les 91 cas d’atteintes à la liberté de la presse, c’est la catégorie «menace, intimidation, injure, diffamation, harcèlement» qui représente le plus de cas (26). Derrière, 15 cas sont des «poursuites judiciaires abusives», 14 du «harcèlement en ligne» et 11 des «restrictions d’accès à un lieu ou un événement». Selon l’Ofalp, ce rapport est «loin d’être exhaustif» car établi à partir de cas publics, ensuite examinés en détail.
Pour les éditions suivantes, l’association espère avoir une vision encore plus précise en sollicitant puis analysant des témoignages.
L’Ofalp a été fondé en 2023 par une vingtaine de personnes majoritairement journalistes et/ou représentantes d’organisations liées à la défense de la liberté de la presse.
Son ambition: «recenser de manière fine» les atteintes à la liberté de la presse, selon la journaliste et coprésidente Lucile Berland. «C’est assez nouveau, complémentaire d’autres démarches», comme celle de RSF (Reporters sans frontières).
Le conseil d’administration est constitué de journalistes, de non-journalistes et d’organisations, dont le SNJ, premier syndicat de la profession, ou l’association de critique des médias Acrimed, marquée à gauche.
Pour autant, l’Ofalp n’est «pas partisan d’un courant politique ou d’un autre, pas dans l’idéologie; on invite des organisations de tous bords à nous rejoindre», a souligné Cécile Dolman.


































