Sud Ouest : négociations exclusives pour un rachat par Rossel

Sud Ouest : négociations exclusives pour un rachat par Rossel

La maison mère du quotidien régional Sud Ouest, propriété de la famille du fondateur Jacques Lemoîne, est entrée en «négociations exclusives» pour un rachat par le belge Rossel, déjà propriétaire en France de La Voix du Nord, ont annoncé jeudi les deux groupes. L’éventuel rachat du groupe Sud Ouest (GSO) par la filiale Rossel France, pour une centaine de millions d’euros selon une source proche du dossier, donnerait naissance à un groupe d’un c.a. cumulé «de plus de 400 millions d’euros», ont fait valoir les deux parties dans un communiqué. Il formerait le numéro trois du secteur de la presse régionale en France derrière SIPA-Ouest-France qui affiche 525 millions d’euros de c.a. en 2025, et EBRA (Le Progrès, Le Dauphiné, les DNA…) avec 479 millions d’euros. GSO, qui regroupe la Sapeso, société éditrice de Sud Ouest, d’autres quotidiens régionaux (Charente Libre, La République des Pyrénées…) ainsi que Côte Ouest (événementiel) ou Écrans du Monde (audiovisuel), est détenu à environ 80% par la famille Lemoîne, héritière de Jacques Lemoîne (1895-1968) qui avait fondé le journal en 1944. Si la Sapeso était déficitaire en 2025, GSO se dit rentable, avec 30% de ses revenus hors journaux papier. L’entrée en négociations est «une décision lourde» prise «à l’unanimité» de la cinquantaine d’actionnaires, avec «beaucoup d’émotion», a déclaré Tristan Lemoîne, vice-président du CA de GSO. Rossel est «un actionnaire très solide, familial», ayant «des valeurs communes avec les nôtres», et «apolitique, qui n’intervient pas dans la ligne éditoriale de ses médias», souligne le descendant du fondateur. Les deux parties espèrent boucler l’opération «d’ici la fin de l’année», après consultation des représentants du personnel. «Atteindre une taille critique est la clé», a déclaré Olivier Cotinat, PDG de GSO. «Avec l’IA, il y a sans doute des investissements assez importants à faire pour pouvoir continuer à informer et se battre contre (…) la prédation de contenus». Numéro un de la presse belge francophone détenu par la famille Hurbain, Rossel, dont le titre phare Le Soir a été fondé en 1887, possède plusieurs quotidiens régionaux français (La Voix du Nord, le Courrier Picard, L’Union-L’Ardennais, etc.) et revendique 1.700 employés en France. Sud Ouest, diffusé à 164.000 exemplaires par jour en 2025 selon l’ACPM/OJD, emploie 700 salariés dont 230 journalistes. Le journal a connu plusieurs restructurations récentes avec 81 départs en 2024, puis cette année un plan d’une cinquantaine de départs volontaires ou non-remplacements d’ici à 2028. En cas de mariage avec Rossel, «il n’y a pas de synergie géographique (…), pas de doublon évident», souligne Olivier Cotinat, assurant n’avoir «pas d’éléments aujourd’hui» sur d’éventuelles suppressions de postes. «Avec les titres de Groupe Sud Ouest, la France représenterait alors près de 50% du c.a. de notre groupe. Une nouvelle dimension qui permettrait de faire bénéficier l’ensemble de nos entités de moyens et d’expertises mutualisés», plaide Bernard Marchant, administrateur délégué de Rossel, dans le communiqué.

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