Mostra de Venise : Maggie Gyllenhaal dénonce le manque de réalisatrices en compétition

Mostra de Venise : Maggie Gyllenhaal dénonce le manque de réalisatrices en compétition

La présidente du jury de la Mostra de Venise, l’actrice et réalisatrice américaine Maggie Gyllenhaal, s’est interrogée mercredi sur le fait que seuls deux films réalisés par des femmes aient été sélectionnés pour la compétition principale du festival italien cette année.

«Il y a évidemment un problème systémique. Je pense vraiment qu’il est beaucoup plus difficile pour les femmes de faire financer leurs films», a estimé Maggie Gyllenhaal lors de la conférence de presse du jury de la 83e édition de la Mostra de Venise, qui s’ouvre mercredi jusqu’au 12 septembre. «Et puis, pourquoi les sujets sur lesquels les femmes ont envie de faire des films, en tenant compte du fait qu’elles vivent le monde différemment (des hommes), ne seraient-ils pas autant pris en considération ?», a-t-elle poursuivi en présence du directeur artistique du festival, Alberto Barbera, assis à ses côtés. «Qui décide de ce qui est bon? Qui décide de ce qui a de la valeur?», a poursuivi la présidente du jury, ajoutant: «c’est aussi une question que je me pose, et elle est légitime».

Parmi les 21 films en lice pour le prestigieux Lion d’or à Venise cette année, seuls deux – dont un co-réalisé avec un homme et ajouté tardivement à la sélection – ont été mis en scène par des femmes. Il s’agit de «Woman Unknown», de la réalisatrice danoise May El-Toukhy, et de «NAZA», seul documentaire en compétition principale, réalisé par le journaliste d’investigation Yuval Abraham et la cinéaste Rachel Szor, déjà co-auteurs du documentaire oscarisé «No Other Land» (2024). Alberto Barbera s’était justifié, en juillet, en expliquant que moins d’un quart des films présentés au comité de sélection de la Mostra avaient été réalisés par des femmes et que «la qualité de ceux que nous avons vus n’était pas telle que nous pouvions les mettre en compétition».

Bien que les remarques de Maggie Gyllenhaal aient pu être interprétées comme une critique implicite des choix d’Alberto Barbera, l’actrice et réalisatrice américaine a souligné que son rôle de présidente du jury était également significatif. «Je viens vraiment avec une question : pourquoi y a?t?il si peu de femmes cinéastes en compétition principale cette année ? Mais je pense (que me demander) de présider le jury de la compétition principale après les deux films en particulier que j’ai réalisés, c’est aussi quelque chose de très important à prendre en compte», a-t-elle conclu.

La question de la quasi absence des réalisatrices a également été abordée lors de la conférence de presse du film italo-allemand «La Ragazza con la Leica» (La fille au Leica). Le film, présenté dans la section parallèle «Horizons» du festival, raconte l’histoire de la photographe de guerre Gerda Taro, compagne du légendaire photojournaliste Robert Capa, dont la célébrité et l’héritage ont éclipsé les siens. Un journaliste a demandé à la réalisatrice du film, Alina Marazzi, si elle ne trouvait pas qu’il y avait «un certain paradoxe» à concourir dans une section secondaire «avec un film qui parle d’une artiste femme qui a été longtemps oubliée». «Je pourrais dire que, peut?être, paradoxalement, il est cohérent que ce film soit dans l’autre» section, a répondu la réalisatrice, ajoutant qu’elle et les producteurs croyaient en l’importance «de raconter l’histoire d’une femme qui avait été oubliée».

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