À l’occasion de la 32ème édition des Rendez-vous d’Unifrance, le CNC et Unifrance ont dressé un état du marché sur l’exportation de la production audiovisuelle française à travers le monde. L’occasion pour media+ d’évoquer ces résultats avec Daniela ELSTNER, Directrice Générale Unifrance.
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Comment se portent les ventes de programmes audiovisuels français pour l’année 2025 ?
Daniela ELSTNER
Selon le CNC et Unifrance, les ventes de programmes audiovisuels français atteignent en 2025 164,3 millions d’euros, en recul par rapport au niveau élevé de 2024 (209,6 millions d’euros). Alors que l’activité s’était maintenue ces dernières années malgré des conditions de marché déjà difficiles à l’international, l’export de programmes audiovisuels français connaît un ralentissement en 2025 en raison d’un contexte économique de plus en plus tendu : diffuseurs publics et privés qui réduisent leurs engagements financiers, rationalisation des investissements des services de VàDA qui privilégient la commande de programmes locaux, acheteurs plus sélectifs qui se concentrent sur des valeurs sûres.
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La fiction est-elle encore le 1er genre à l’export ?
Daniela ELSTNER
La fiction française se maintient comme premier genre à l’export pour la quatrième année consécutive, avec 54,9 millions d’euros de ventes, en recul de 27,0% par rapport à 2024. La fiction représente une part de marché de 33,4% des ventes totales d’œuvres françaises à l’étranger. Les séries policières dites light crime comme «Tropiques Criminels», «Astrid et Raphaëlle», «Tom et Lola» ou «Alexandra Ehle» concentrent toujours plus la demande des acheteurs. Les séries événementielles, comme «Sambre» ou «Les Sentinelles», ne sont toutefois pas en reste et séduisent aussi les diffuseurs étrangers.
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Qu’en est-il des autres genres ?
Daniela ELSTNER
Le documentaire se maintient (-2,7% par rapport à 2024) avec des ventes qui s’élèvent à 43,1 millions d’euros. Le genre devient le deuxième à l’export avec 26,2% de part de marché. La production française reste très reconnue à l’étranger. Les ventes de programmes d’animation connaissent une nouvelle baisse et atteignent 32,2 millions d’euros en 2025 (-30,3% par rapport à 2024), soit une part de marché de 19,6%. Pour la première fois, l’animation est le troisième genre à l’export pour les programmes audiovisuels français.
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Dans quels territoires se retrouvent les œuvres françaises ?
Daniela ELSTNER
L’Europe de l’Ouest demeure de loin la première zone d’accueil des programmes audiovisuels français avec 76,7 millions d’euros de ventes (-15,3% par rapport à 2024), ce qui représente 46,7% des recettes mondiales. L’Amérique du Nord retrouve sa place de deuxième région à l’export avec une part de marché de 11,5% et 18,9 millions d’euros de ventes (+14,7% par rapport à 2024), un rebond largement lié à l’excellente performance d’une société de ventes internationales sur le territoire. L’Europe centrale et orientale devient la troisième zone à l’export avec 12,2 millions d’euros (-26,5%), soit 7,4% de part de marché. Enfin, la zone Asie/Océanie génère 8,7 M€ (-33,4%), soit 5,3% de part de marché, plus bas niveau historique.
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Quel est le bilan global ?
Daniela ELSTNER
Si nous observons en 2025 une baisse nette des ventes de programmes audiovisuels français après des années post-covid particulièrement favorables, nous constatons aussi que les œuvres hexagonales résistent plutôt bien dans une conjoncture globale dégradée, conservant une place centrale dans le paysage audiovisuel mondial, notamment hors pays de production anglophone. Dans ce contexte délicat, la capacité de la France à produire dans tous les genres et dans une large palette de thématiques et de formes narratives ne se dément pas.




































