Une trentaine d’eurodéputés ont appelé vendredi l’UE à agir pour établir la responsabilité des réseaux sociaux dans les violences qui ont touché ces derniers jours la France, l’Italie et la Belgique, et à permettre leur blocage «en dernier recours», si cela s’avérait nécessaire.
A l’initiative de la Française Stéphanie Yon-Courtin (Renew), ces élus du centre, de la gauche et de la droite au Parlement européen ont écrit à la vice-présidente de la Commission européenne chargée du Numérique, Henna Virkkunen, pour lui demander d’utiliser tous les pouvoirs à sa disposition, afin d’établir le rôle précis des plateformes en ligne dans les émeutes et pillages.
Pour ce faire, ils veulent que les réseaux sociaux fournissent à l’UE toutes les données «sur la diffusion des contenus illicites et le rôle de leurs algorithmes» dans leur propagation. Ces eurodéputés appelent en outre Bruxelles à mettre en place des «mécanismes de crise» prévus par la loi européenne sur les contenus numériques (DSA), qui permettent de mettre en oeuvre «des mesures ciblées et temporaires pouvant aller, en dernier recours, jusqu’à la suspension de certains services».
Enfin, ils appellent à «mieux protéger les mineurs, les plus exposés à cet effet de contagion».
De son côté, la Commission européenne a confirmé vendredi être en contact étroit avec les autorités nationales, dont l’Arcom, le régulateur français du numérique, pour s’assurer que les réseaux sociaux respectent bien leurs obligations, et notamment l’interdiction de diffuser des messages incitant à la violence.
Mais l’exécutif européen considère qu’à ce stade, les pays membres sont les mieux à même de gérer la situation.
«Le rôle de la Commission est d’aider les pays membres, et de voir si les plateformes prennent les mesures que les Etats leur demandent d’appliquer.
Si jamais ce n’était pas le cas, la Commission est bien sûr prête à les soutenir et jouera son rôle en cas de problème systémique», a déclaré à la presse Thomas Regnier, porte-parole de l’exécutif européen.
Plusieurs responsables politiques français ont accusé les réseaux sociaux d’avoir facilité les pillages et violences ces derniers jours, certains à l’instar du candidat centriste à la présidentielle Gabriel Attal allant jusqu’à demander leur «blocage temporaire» dans les lieux où se déroulent les émeutes.


































