À la Berlinale, Mundruczo déplore l’impossibilité de financer ses films en Hongrie

À la Berlinale, Mundruczo déplore l’impossibilité de financer ses films en Hongrie

Le réalisateur hongrois Kornel Mundruczo, qui présentait lundi en avant-première à la Berlinale « At the Sea » avec Amy Adams, a affirmé désormais tourner aux Etats-Unis devant l’impossibilité pour lui de financer ses films dans son pays d’origine. « Je n’ai jamais eu l’intention de faire des films américains. Je suis un réalisateur hongrois, je faisais du cinéma d’auteur et j’avais pas mal de succès » en Europe, a-t-il déclaré au cours de la conférence de presse sur son film, présenté en compétition. « Nous avions demandé des financements pour le film «Pieces of a Woman» (sorti en 2020) en tant que film hongrois et ça nous a été refusé », a dit ce réalisateur de 50 ans. Le producteur américain Kevin Turan (mort en 2023) a alors proposé d’en faire une adaptation en anglais, pour Netflix. « Bien sûr je suis privilégié, je suis reconnaissant et je suis convaincu que je peux travailler en anglais », a précisé Kornel Mundruczo. Mais « je continue de faire des films américains parce que je ne peux pas faire de films hongrois, ce qui est un peu fou », a-t-il ajouté. Le réalisateur répondait à une question sur la difficulté de tourner des films dans la Hongrie du Premier ministre Viktor Orban, qui espère se maintenir au pouvoir après les élections législatives du 12 avril. « At the Sea » raconte l’histoire de Laura (Amy Adams), une alcoolique tout juste sortie d’une cure de désintoxication, qui, le temps d’un été à la mer, tente de renouer avec sa famille et le sens de sa vie. « C’est vraiment extrêmement difficile de faire un film dramatique indépendant aux Etats-Unis aujourd’hui », a de son côté relevé le producteur du film, l’Ukrainien Alexander Rodnyansky. Les investisseurs surveillent chaque étape du film pour s’assurer des retombées au box-office et « c’est très compliqué de lever de l’argent et de gagner leur confiance (…), même avec un tel casting », a-t-il assuré. Alexander Rodnyansky, qui a fait la majeure partie de sa carrière en Russie, y a été condamné à huit ans et demi de prison en 2024 pour avoir propagé de « fausses » informations à propos de l’armée russe. Aux Etats-Unis, les réalisateurs de film d’auteur sont « un tout petit rouage dans le système », insiste M. Mundruczo. En Europe, « on peut avoir un peu plus de légèreté et de liberté », a-t-il ajouté.

Aucun article à afficher