Le gouvernement argentin a mis en garde mardi les journalistes et formulé des recommandations pour la couverture de prochaines manifestations contre la réforme du travail du président Javier Milei, afin de «préserver leur intégrité physique», dans un communiqué inédit.
Le ministère de la Sécurité a invité les journalistes à rester positionnés sur un trottoir, d’un côté de la vaste Place du parlement à Buenos Aires.
Il recommande aux journalistes d’éviter de se placer entre les forces de sécurité et d’éventuels actes de violence.
Se positionner ainsi pourrait entraîner «une exposition directe à des situations de violence, conduisant à une mise en danger volontaire», met encore en garde le ministère, ce qui a été dénoncé par un syndicat comme une «menace de répression».
L’avertissement, inhabituel, intervient une semaine après de brefs mais violents heurts, qui ont opposé mercredi un petit nombre de manifestants à la police, lors desquels ont été jetés des pierres et des cocktails Molotov contre gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc et canons à eau.
Les violences sont survenues en marge d’une manifestation, à l’appel de la principale centrale syndicale CGT, contre la réforme de dérégulation du travail que le Sénat débattait au même moment, mettant fin au rassemblement.
Le Sénat a finalement voté le texte, après quelques modifications concédées par l’exécutif. Cette semaine c’est au tour de la Chambre des députés d’examiner la réforme, que l’exécutif espère voir adoptée d’ici fin février. De nouvelles mobilisations sont prévues dans les jours à venir.
La CGT a ainsi appelé à une grève générale jeudi 19, coïncidant avec le débat à la Chambre des députés, mais sans à ce stade convoquer de manifestation.
Ce sera la quatrième grève générale de la présidence Milei, depuis décembre 2023, les précédentes ayant été inégalement suivies. Le communiqué du ministère à l’adresse des journalistes fait référence à un dispositif policier pour les journées des 18, 19 et 20 février.
L’influent syndicat ATE de la fonction publique a dénoncé un communiqué équivalant à une «menace de répression». «Ces gens sont dangereux et prêts à tout», a déclaré sur X son secrétaire général Rodolfo Aguiar.



































