B. MERCIER (Hello Masters) : «Nous lançons Hello Masters+, le nouveau compagnon IA des cadres et dirigeants»

Un an après son lancement, Hello Masters s’affirme comme la première plateforme dédiée aux cadres et dirigeants en seconde partie de carrière. Conçue comme un véritable écosystème d’opportunités, elle aide les profils expérimentés à anticiper leurs transitions professionnelles, à valoriser leur expérience et à préparer leur «coup d’avance». Sa fondatrice, Blandine Mercier, revient sur le développement fulgurant de ce réseau innovant et sur le lancement d’Hello Masters+, une extension intégrant deux IA pensées pour accompagner concrètement les utilisateurs.

Un an après le lancement d’Hello Masters, quel regard portez-vous sur cette première année ?

Les enseignements sont nombreux, mais le plus marquant concerne la transformation profonde du paysage de l’emploi pour les profils expérimentés. Nous faisons face à un véritable reset, un nouveau normal. La notion de «seconde partie de carrière» devient un enjeu majeur, à la fois pour les entreprises et pour les collaborateurs. Chez Hello Masters, nous considérons que les profils expérimentés débutent autour de 45 ans et vont jusqu’à 65 ans. Cela couvre une grande diversité d’enjeux : l’employabilité bien sûr, mais aussi la préparation à la retraite, la santé, les questions de handicap acquis, ou encore la formation continue. Ces défis concernent autant les DRH que les salariés eux-mêmes. Certains vivent cette période comme une contrainte, d’autres comme une opportunité. Je suis plutôt optimiste : il y a aujourd’hui une révolution de perception sur la place de l’expérience dans notre société, et de nouveaux schémas de carrière sont en train de se construire.

Vous aviez pour ambition de réinventer la seconde partie de carrière. Avez-vous des signaux concrets qui prouvent que le modèle répond à un vrai besoin de marché ?

Oui, clairement. Nous avons déjà de nombreux indicateurs très encourageants. Nous intervenons auprès de France Travail, de l’APEC, mais aussi à travers des initiatives économiques, comme APM Nation, un programme que nous lançons en fin d’année autour de la reprise d’entreprise. Les retours des utilisateurs sont extrêmement positifs. Notre rôle, c’est d’être un écosystème agrégateur, qui rassemble des experts et des outils concrets pour accompagner ces publics. Au départ, certains nous comparaient à LinkedIn, ce qui était flatteur. Mais notre approche est très différente. LinkedIn est un réseau global, généraliste. Hello Masters, c’est une plateforme spécialisée, dédiée aux profils expérimentés, avec une approche technologique forte. Nous avons développé un algorithme qui aide nos utilisateurs à mieux maîtriser leur récit professionnel et surtout à préparer leur “coup d’avance”. Parce qu’une carrière, c’est fait d’imprévus : une rupture de parcours, une remise en question, une crise de sens… Et dans ces moments-là, il faut être prêt. Notre mission, c’est de détecter les opportunités, même celles qu’on ne soupçonne pas, et de préparer ce fameux coup d’avance.

Combien de membres compte aujourd’hui la communauté Hello Masters ?

Nous approchons les 10.000 inscrits, ce qui est une très belle progression pour une première année essentiellement fondée sur une croissance organique. Nous avons peu investi en publicité : l’objectif était avant tout d’optimiser l’expérience utilisateur et de consolider la technologie. Dans cette communauté, 50% sont des cadres dirigeants, souvent membres de comités de direction, issus de grands groupes ou d’ETI. 25% sont des chefs d’entreprise, souvent installés dans les territoires. Et les 25% restants sont des cadres en transition : recherche d’emploi, reconversion, création d’entreprise ou reprise de franchise. Côté répartition géographique, 80% de nos membres sont en France, mais nous avons aussi une présence notable à l’international : aux États-Unis, en Arabie saoudite et ailleurs en Europe. En France, 60 % sont en Île-de-France et 40% en régions, avec une volonté d’étendre davantage notre ancrage territorial.

Vous lancez désormais Hello Master+, présenté comme une première mondiale intégrant deux IA : Maestro et Clarity. De quoi s’agit-il exactement ?

Maestro et Clarity sont deux agents conversationnels développés en interne. Nous les avons paramétrés pour qu’ils comprennent le contexte spécifique des profils expérimentés. Maestro, par exemple, est un coach de préparation aux entretiens : il s’adapte à la situation (entretien RH, investisseur, futur associé, board, salarié…) et vous entraîne en conditions réelles. L’utilisateur peut interagir à la voix, et à la fin, Maestro fournit un diagnostic complet : points forts, axes d’amélioration, posture, et même des badges pour valoriser certains traits d’esprit ou compétences. Clarity, de son côté, répond à toutes les questions liées à la seconde partie de carrière : conflits professionnels, reconversion, statut juridique, rôle d’aidant, préparation à la retraite… Il accompagne de manière personnalisée selon le profil et les enjeux de chacun. L’idée est de recréer l’entraînement en conditions réelles, parce que dans la seconde partie de carrière, certaines rencontres – un entretien, un rendez-vous d’affaires, une négociation – peuvent être déterminantes. Et il n’y a pas de place pour l’improvisation.

Quel est le modèle économique d’Hello Masters+ ?

C’est un modèle freemium. L’accès à la plateforme reste gratuit pour tous les membres, tout comme l’usage des IA jusqu’à la fin de l’année. À partir de janvier, les utilisateurs disposeront d’un nombre de sessions quotidiennes gratuites, puis pourront souscrire à un abonnement premium s’ils souhaitent un accès illimité. Notre priorité reste l’inclusivité : permettre à chacun d’accéder à ces outils, tout en offrant une version enrichie à ceux qui veulent aller plus loin.

Prévoyez-vous une internationalisation de ces services ?

Oui, absolument. La communauté nous y pousse d’ailleurs naturellement. Mais ce n’est pas une simple traduction : c’est un véritable travail sémantique et algorithmique. Nous avons développé notre technologie à partir de référentiels de compétences français, et il faut les adapter finement aux standards de chaque pays. Notre objectif est de lancer la version anglaise au premier semestre 2026, avec une attention particulière portée à la cohérence du vocabulaire professionnel et des parcours utilisateurs.

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