Capgemini passe ses filiales au crible après la polémique sur l’ICE

Capgemini passe ses filiales au crible après la polémique sur l’ICE

Le géant français de l’informatique Capgemini, échaudé par la polémique liée au contrat passé avec la police américaine de l’immigration, a indiqué vendredi dernier qu’il menait une revue de l’ensemble de ses filiales. Fin janvier, le groupe s’était retrouvé au coeur d’un tumulte provoqué par la révélation d’un contrat conclu par sa filiale Capgemini Government Solutions (CGS) avec la police américaine de l’immigration, l’ICE, avant d’annoncer quelques jours plus tard son intention de vendre cette société. Cet événement «nous a permis de faire une revue de l’ensemble de nos filiales, de nos participations, pour bien vérifier qu’elles sont alignées avec nos objectifs et qu’on a suffisamment de pouvoir opérationnel par rapport à ces filiales», a affirmé vendredi le directeur général du groupe, Aiman Ezzat, lors d’un échange avec des journalistes, en marge de la présentation des résultats annuels 2025 de l’entreprise. «A ce stade, on n’a rien trouvé qui nous dérange, mais on continue de regarder», a-t-il ajouté. Concernant la vente, «le plus tôt sera le mieux», mais «il y a un processus à suivre», a-t-il déclaré. Selon plusieurs médias, dont L’Observatoire des multinationales, France 2 et Les Jours, Capgemini a notamment fourni un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères à l’ICE, police fédérale mobilisée par le président américain Donald Trump dans une vaste campagne anti-immigration. Le directeur général de Capgemini s’était auparavant défendu en précisant que cette filiale, soumise à la législation américaine, agissait de manière autonome et que le groupe était dans l’impossibilité d’accéder à des informations classifiées. En outre, dans un courrier interne envoyé aux salariés du groupe, Capgemini avait dit, sans plus de précisions, que le contrat «n’était pas en cours d’exécution, car il faisait l’objet d’un recours». Le groupe, qui présentait vendredi ses résultats annuels, a fait état d’une année 2025 contrastée, avec un bénéfice net en baisse mais une activité en légère hausse. Pour 2026, l’entreprise se montre plus ambitieuse puisqu’elle anticipe une hausse plus importante de son chiffre d’affaires, misant sur l’intelligence artificielle (IA) et les velléités de souveraineté numérique en Europe pour tirer son épingle du jeu. Elle prévoit en parallèle des coûts de restructuration d’environ 700 millions d’euros sur deux ans, dont la majeure partie en 2026. Le 20 janvier, Capgemini avait annoncé son souhait de supprimer jusqu’à 2.400 postes en France, via des reclassements et des départs volontaires, face au ralentissement de son activité dans cette zone. «Nous avons fait un plan notamment sur la France, mais chaque pays travaille sur l’évolution nécessaire de ses compétences», a signalé M. Ezzat. A la Bourse de Paris, les annonces du groupe étaient bien accueillies vendredi par les investisseurs. A 10H40, l’action Capgemini prenait 3,57%, à 103,30 euros, dans un marché en baisse de 0,22%.

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