Dans le giron de Vincent Bolloré, Voici conteste un rapprochement avec le JDNews

Dans le giron de Vincent Bolloré, Voici conteste un rapprochement avec le JDNews
Majority shareholder of the Bollore Group, Vincent Bollore, arrives for a hearing before a parliamentary enquiry committee on media concentration, at the French Senate in Paris on January 19, 2022. (Photo by Thomas SAMSON / AFP) FRANCE-PARLIAMENT-MEDIA-ENQUIRY-BOLLORE

La société des journalistes (SDJ) de Voici, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, a protesté contre la vente couplée ce vendredi de l’hebdomadaire people avec le JDNews, marqué à droite, et de récents choix rédactionnels qui provoquent de «vives inquiétudes».

Cette distribution couplée, «testée» en Bourgogne-Franche-Comté et Bretagne, a déjà eu lieu ces dernières semaines pour d’autres titres du groupe Prisma, France Dimanche et Télé Loisirs, vendus eux aussi avec le JDNews, dans la même sphère de Vincent Bolloré, a confirmé jeudi le vice-président du groupe de magazines, Gérald-Brice Viret.

«Associer commercialement notre publication au JDNews, magazine à l’ancrage politique très marqué, crée une confusion manifeste quant à notre positionnement éditorial et porte atteinte à l’image d’indépendance que nous nous attachons à préserver», a écrit la SDJ de Voici dans un communiqué. Pour M. Viret, l’opération a pour but d’«optimiser les ventes au numéro», il n’y a «aucun lien avec les lignes éditoriales».

Dans ses derniers numéros, le JDNews a notamment mis à la une des entretiens avec des politiques de droite et d’extrême droite comme Marion Maréchal, Philippe de Villiers, Nicolas Sarkozy ou le député UDR rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public Charles Alloncle. «Plusieurs choix récents de la direction ont déjà suscité de vives inquiétudes quant au respect de notre identité et de notre indépendance rédactionnelle», s’inquiète la SDJ de Voici, qui craint de devenir un «média d’opinion».

«Interdiction a ainsi été faite d’évoquer ou d’informer les lecteurs de nos publications print et digitales, de la condamnation de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs, ou encore d’évoquer les propos de Brigitte Macron qualifiant de «sales connes» des militantes féministes», déplorent les journalistes, soutenus par d’autres SDJ du groupe Prisma comme Géo, Ça m’intéresse, les pôles télé (Télé Loisirs) et féminin (Femme actuelle). M. Viret n’a pas souhaité commenter.

Depuis septembre, le directeur des rédactions de Prisma Media est Serge Nedjar, également patron de la chaîne d’info CNews, une nomination qui avait fait craindre en interne une reprise en main des rédactions du groupe.

Numéro un de la presse magazine en France, Prisma Media a été racheté par Vivendi en 2021 et fait désormais partie d’une autre entité dont Vincent Bolloré est l’actionnaire de référence, Louis Hachette Group.

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