Les géants de la tech auront 48 heures pour retirer de leurs plateformes les deepfakes sexuels et autres images intimes diffusées sans consentement au Royaume-Uni, selon un projet de nouvelle législation présenté après le scandale de l’outil d’intelligence artificielle Grok.
Cette réglementation pourrait entrer en application dès cet été et «traiter ce type d’images avec la même sévérité que les contenus liés aux abus sexuels sur enfants et au terrorisme», a souligné le gouvernement dans un communiqué.
Le gouvernement dit vouloir éviter aux victimes de multiplier les démarches.
«Concrètement, lorsqu’une image est signalée, elle serait supprimée simultanément sur plusieurs plateformes et, par la suite, automatiquement effacée à chaque nouvelle tentative de mise en ligne», a-t-il détaillé.
Les entreprises récalcitrantes s’exposeront à une amende pouvant atteindre 10% de leur chiffre d’affaires mondial, voire au blocage de leurs services au Royaume-Uni.
«Le monde numérique est devenu la ligne de front du combat du XXIème siècle contre les violences faites aux femmes et aux filles. C’est pourquoi mon gouvernement agit sans délai, notamment contre les chatbots et les outils de «dénudification»», a déclaré le Premier ministre britannique Keir Starmer, cité jeudi dans le communiqué.
Ces nouvelles dispositions seront mises en place par le biais d’un amendement au projet de loi sur la criminalité et le maintien de l’ordre (Crime and Policing Bill).
Londres avait annoncé ce tour de vis lundi, après le tollé international autour de l’assistant IA de la plateforme Grok, intégré au réseau social d’Elon Musk X, capable de générer des images dénudées à partir de photos de personnes réelles.
Ce virage vers plus de sévérité tranche avec l’attitude plus ouverte qui était celle de M. Starmer en janvier 2025, lorsqu’il avait affiché son ambition de faire du pays un laboratoire pour l’intelligence artificielle afin d’attirer les géants du secteur, au détriment de la régulation.
Londres a par ailleurs lancé une vaste consultation sur le bien-être numérique des enfants pour notamment examiner une possible interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans ou restreindre certaines fonctionnalités jugées addictives, comme le scrolling infini.



































