Nonce Paolini, 58 ans, a été nommé hier directeur général du groupe TF1, lors d’un conseil d’administration de la société dont le principal actionnaire est Bouygues, a indiqué TF1 dans un communiqué. «Conformément à la proposition faite par Patrick Le Lay le 20 février 2007 de dissocier les mandats du président et de directeur général, le conseil d’administration a nommé Nonce Paolini, directeur général de la société, Patrick Le Lay demeurant président du conseil d’administration», explique la chaîne. Nonce Paoli a effectué une grande partie de sa carrière au sein du groupe Bouygues et connait bien TF1 pour y avoir occupé les fonctions de directeur des ressources humaines. Lorsque Patrick Le Lay a réfléchi à sa succession avec Martin Bouygues (dont le groupe est l’actionnaire principal de TF1), les deux hommes ont pensé à la même personne, racontait le directeur général de la chaîne en février. Nonce Paolini «connait intimement la chaîne», dont il a été le directeur des ressources humaines de 1993 à 2001, ajoutait Patrick Le Lay. Il naît en avril 1949 dans la banlieue parisienne, au sein d’une famille qui vote à gauche. Sa grand-mère, institutrice, était communiste, et son père, directeur à la Caisse nationale d’assurance vieillesse, socialiste. Il suit des études de lettres (licence) et est diplômé de Sciences Po Paris. Sa fiche dans le Who’s who mentionne, comme centres d’intérêt, la littérature (Alexandre Dumas, Stendhal), le jazz (il possèderait 10 000 albums et CD selon des échos parus dans la presse) et l’histoire, avec en particulier le Moyen-Age, la Grande Guerre et… Napoléon. Car Nonce Paolini est d’origine corse. Mais contrairement à son successeur, qui se disait plus breton que français, le nouveau directeur général de TF1 n’a jamais mis en avant sa «corsitude». Il est marié et père de trois filles. Il entame sa carrière chez EDF, où il occupe plusieurs postes à responsabilité au fil de quinze années. En 1988, il entre chez Bouygues, comme directeur des ressources humaines, puis de la communication externe. En 1993, il passe chez TF1, là encore en tant que directeur des ressources humaines. Il devient directeur général adjoint et travaille avec Patrick Le Lay. De cette époque, un salarié se souvient de lui comme «quelqu’un de très impliqué dans les projets». «Il n’était pas seulement directeur du personnel. Il s’occupait de tout ce qui concernait TF1 d’un point de vue humain», ajoute-t-il. Son caractère est moins abrupt que celui de Patrick Le Lay (dont les colères froides et les remarques à l’emporte-pièce sont entrées dans la légende), soulignent d’anciens collaborateurs. Il aime travailler, autant que possible, dans l’harmonie. Mais sous des dehors affables, Nonce Paolini sait diriger d’une main de fer. C’est lui qui en quelques minutes, en juin 2001, débarque Anne Sinclair, femme de ministre et journaliste vedette de la chaîne depuis 17 ans. Les prud’hommes obligeront TF1 à verser une forte somme d’argent à Mme Sinclair. En 2002, il quitte TF1 pour aller chez Bouygues Telecom, autre filiale de Bouygues. La version officielle dit qu’il souhaitait s’occuper des programmes chez TF1 mais qu’il n’y avait alors pas de place pour lui à ce poste. La version officieuse assure que Nonce Paolini a été éloigné après avoir osé évoquer un sujet tabou, l’âge des dirigeants de TF1, Patrick Le Lay et Etienne Mougeotte, lui aussi sur le départ. Il prend les rênes d’un groupe dominant dans le paysage audiovisuel français, mais confronté à un effritement de son audience, et aux bouleversements provoqués par la généralisation du numérique et d’Internet.



































