La police vietnamienne a annoncé mercredi l’arrestation de trois personnes accusées de répandre des fausses informations sur leur chaîne YouTube aux deux millions d’abonnés, en vertu d’une loi instrumentalisée pour réprimer les opposants selon les groupes de défense des droits. Les forces de l’ordre de Ho Chi Minh-Ville (sud) ont interpelé Le Van Can, l’administrateur de 59 ans de la chaîne Nguoi Dua Tin («Le Messager»), et ses deux assistants, pour «abus des libertés démocratiques» défini par l’article 331 du code pénal. Les autorités les accusent d’avoir publié plus de 6.700 vidéos depuis mars 2024, sur la base d’informations «négatives et erronées ciblant des individus et des organisations du système politique, de même que des politiques et des directives du parti et de l’Etat», selon le communiqué. Leurs clips, consultés plus d’un milliard de fois, ont «affecté de manière négative les opinions du public, et provoqué du désordre social», a affirmé la police. Les 3 accusés ont touché près de 10 milliards de dongs (environ 336.000 euros) pour leur chaîne, qui a été désactivée avant leur arrestation, a révélé l’enquête. Ils sont poursuivis en vertu de l’article 331 centré sur les atteintes aux intérêts de l’Etat, épinglé par les groupes de défense des droits humains qui accusent le pouvoir de s’en servir comme une arme envers ses critiques. Ces dernières années, le pays, tenu d’une main de fer par le parti communiste, a resserré son contrôle de ce qui se dit sur les réseaux sociaux. Hanoï ne tolère aucune critique, ni discours contraire au sien, sur la liberté religieuse ou les droits humains, par exemple. Entre 2018 et février 2025, le Vietnam a condamné au moins 124 personnes à de lourdes peines de prison à cause de l’article 331, a calculé en avril Human Rights Watch, contre seulement 28 entre 2011 et 2017.



































