La suppression après 20 heures de la publicité sur France télévision «semble d’ores et déjà très appréciée de tous les Français», a déclaré la ministre de la Culture, Christine Albanel, en présentant mercredi la réforme de l’audiovisuel public devant le Sénat. Les sénateurs PS, PCF et Verts ont quitté l’hémicycle du Sénat à l’ouverture du débat, refusant d’assister au discours de Mme Albanel pour protester contre le fait que la mesure principale du projet de loi, la suppression de la publicité, soit entrée en vigueur depuis lundi. «En juin dernier, lorsque la Commission (Copé, ndlr) pour la nouvelle télévision publique a rendu son rapport, il a été décidé de fixer l’arrêt partiel de la publicité à janvier 2009», a-t-elle soutenu. «C’était une demande forte de France Télévisions que de travailler sur l’année calendaire. Les équipes s’y sont préparées et ont défini de nouvelles grilles. Les annonceurs publicitaires l’ont anticipée dès le mois de septembre», a argumenté la ministre. Pour elle, c’est «l’obstruction rencontrée pendant près de quatre semaines lors du débat parlementaire à l’Assemblée Nationale» qui «a relancé la question du calendrier». «Il a semblé important de maintenir la date initiale», a-t-elle ajouté, soulignant que cette décision «était rendue possible» par le vote en décembre, dans le cadre du projet de loi de finances, «d’une dotation budgétaire de 450 millions d’euros pour France Télévisions». Le fait que la mesure principale du projet de loi soit appliquée avant le passage du texte au Sénat n’est pas appréciée non seulement dans les rangs de la gauche mais aussi au sein de la majorité UMP et centriste. Les rangs de l’UMP étaient particulièrement dégarnis mercredi au Sénat. «C’est un manque d’égards vis à vis du Sénat, on aurait pu se débrouiller autrement», commentait Philippe Dominati (UMP, Paris) dans les couloirs. «La commission Copé avait proposé que la suppression de la publicité ne débute qu’en semptembre prochain, ce choix aurait laissé plus de temps au débat» a regretté en séance un des rapporteurs du texte, Catherine Morin-Desailly (Union Centriste).