La direction du câblo-opérateur Numericable a annoncé qu’elle assigne en référé la quarantaine de grévistes qui occupent depuis jeudi les locaux du siège, basés à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), afin de les faire évacuer du site. «Pour permettre aux personnes de pouvoir travailler et d’éviter les troubles, nous avons déposé un référé au tribunal de Meaux qui sera examiné mardi matin, afin de demander l’évacuation des grévistes -des salariés et anciens salariés de la société, avec des membres d’un collectif de gauche-», a expliqué à la direction de Numericable. Après une interruption des négociations lundi, un gréviste, qui faisait barrage à la voiture transportant le président du groupe, a été blessé à la cheville par le véhicule qui n’a pas pu l’éviter, a-t-on expliqué de source policière. Selon la direction, cette occupation est la conséquence d’une «tension sociale» au sein de l’entreprise, à la suite du licenciement pour faute de dix collaborateurs vendeurs à domicile (VAD), qui «enregistraient comme clients de Numericable des particuliers qui n’avaient pas souhaité s’abonner». Jugeant l’incident de lundi «regrettable», la direction a rappelé qu’il n’y aurait «pas de négociations» pour ces dix personnes licenciées mais souhaite pouvoir «négocier dans un contexte normal» avec les autres salariés. «Le président n’a pas voulu faire face à ses salariés, il nous a pris pour des imbéciles, nous ne quitterons pas le site tant que nous n’obtiendrons pas de négociations» a assuré Heyssam Kahal, un des porte-parole des VAD. Les occupants ont expliqué demander «la réintégration des personnes licenciées pour avoir rejeté un avenant» à leur contrat, le «licenciement économique de tous les VAD qui le souhaiteraient» ou encore «l’annulation de tous les avenants au contrat de travail signés sous la contrainte».