Un demi-million de Républicains ont fui la Catalogne pendant la guerre d’Espagne pour se réfugier en France. «Elles et moi», fiction en deux parties, retrace l’épopée de cet exil en croisant les destins de trois femmes sous l’oeil pétillant du réalisateur Bernard Stora. «L’apport des femmes dans la guerre d’Espagne, aventure essentiellement masculine, m’intéresse car ce sont elles qui maintiennent la vie par-delà les combats et l’idéologie», confie Bernard Stora, qui a co-écrit avec son épouse Lény le scénario original d’»Elles et moi». A 80 ans, Isabel Esteva (Danielle Darrieux), célèbre créatrice de mode d’origine catalane, présente son dernier défilé à Paris. Les fantômes de sa mère Pilar et de sa grand-mère Esperenza lui apparaissent: les trois femmes se mettent à dialoguer et évoquent leur passé. Isabel se souvient de ses 15 ans, en février 1939, quand elle, sa mère et son frère ont fui Barcelone encerclée par les troupes de Franco. Ils sont placés par les autorités françaises à Chomérac, dans une filature désaffectée d’Ardèche avec les autres femmes, enfants et vieillards. Le père, Lluis, est, comme tous les combattants, interné au camp d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). Dominé par ses idéaux, il se coupe de la vraie vie et en oublie sa famille. Pilar, incarnée par l’actrice catalane Ariadna Gil, doit nourrir et élever seule ses enfants dans des conditions de vie très difficiles.



































