A. AUBRY (Angie) : «76% des journalistes en exercice aspirent à devenir créateur de contenus»

A. AUBRY (Angie) : «76% des journalistes en exercice aspirent à devenir créateur de contenus»
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L’agence Angie a publié une étude, menée par l’Ifop, sur la nouvelle génération de journalistes, à la croisée des codes de l’influence et du journalisme traditionnel. L’occasion pour media+ d’évoquer les différents enseignements avec Amélie AUBRY, Associée et VP RP, Next Gen Médias & Influence intégrée Angie.

media+ Selon votre étude, quelles sont les aspirations de la nouvelle génération de journalistes ?

Amélie AUBRY Chaque année, des milliers d’étudiants candidatent aux écoles de journalisme. En 2024, plus de 2.000 nouveaux professionnels ont obtenu leur carte de presse en France. L’un des enseignements les plus marquants de notre étude : 78% des jeunes professionnels interrogés, exerçant depuis moins de dix ans, aspirent à créer leur propre média. 36% des étudiants en école de journalisme nourrissent cette même ambition. Le constat est assez explicite : les jeunes professionnels et étudiants ne cherchent plus seulement à intégrer des rédactions traditionnelles, mais aspirent de plus en plus à créer leurs propres formats, affirmer leur personnalité et incarner l’information.

media+ La frontière est-elle de plus en plus floue entre journaliste et créateur de contenus ?

Amélie AUBRY C’est un autre constat de l’étude : les jeunes professionnels aspirent à devenir créateur de contenus. 62% des étudiants en école de journalisme interrogés s’y projettent, et cette proportion grimpe à 76% chez les journalistes en exercice. Un écart de 14 points qui illustre à quel point cette aspiration s’enracine dès la formation et s’intensifie avec l’expérience. La création de contenus n’est plus perçue comme une alternative, mais comme une évolution naturelle du métier de journaliste.

media+ Quelle est aujourd’hui  la place des médias traditionnels ?

Amélie AUBRY Malgré le boom de l’information digitale, les grandes marques audiovisuelles font toujours figure de référence. TF1 et BFMTV se disputent les premières places du classement : les étudiants plébiscitent davantage TF1 (12%), tandis que BFMTV rallie une large majorité de professionnels (24%). Les préférences se distinguent ensuite : Francetv (5%), M6 (4%) puis «Le Monde» (4%) constituent les autres marques aspirationnelles pour les étudiants, alors que CNews (15%), Brut. (12%), France 24 (10%) et Mediapart (6%) séduisent davantage les journalistes en exercice.

media+ Qui sont les icônes de cette jeune génération de journalistes ?

Amélie AUBRY L’un des enseignements de notre rapport : une admiration partagée entre les figures emblématiques du PAF et les nouveaux visages du journalisme. HugoDécrypte (cité en spontané par 8% des professionnels et 7% des étudiants) rivalise avec Jean-Pierre Pernaut (11% vs 5%) et Léa Salamé (9% vs 4%) au sein du trio de tête des figures les plus inspirantes. De plus, tous les répondants citent également des figures féminines marquantes du paysage audiovisuel : Élise Lucet, Claire Chazal ou encore Anne-Sophie Lapix. Si l’on resserre la focale sur les étudiants en école de journalisme de moins de 25 ans, notons que le nombre de figures new gen s’étend au-delà d’HugoDécrypte avec Léna Situations, Inoxtag et Anyme. Cela laisse présager un morcellement des figures de référence avec une percée forte de cette nouvelle typologie d’influents.

media+ Face à ces évolutions, quelle est la place de l’IA ?

Amélie AUBRY Sans surprise, les résultats révèlent une large adoption des outils d’intelligence artificielle générative. 83% des étudiants les utilisent (dont 15% au moins 2h par jour), contre 88% des professionnels (dont 26% jusqu’à 2h par jour). Parmi les limites et précautions que se fixent les journalistes actuels ou en devenir, sont spontanément cités: la vérification systématique des sources, la priorisation du raisonnement humain, la limite de l’IA à un usage partiel et assistatif, le respect des règles de déontologie journalistique, le respect des règles de confidentialité, la vigilance quant aux risques moraux liés à l’IA et le maintien à l’esprit des limites techniques de l’IA.

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