Sous l’impulsion de Jonathan Curiel, Directeur général de RTL, RTL2 et Fun Radio, la marque RTL poursuit sa mue pour s’imposer comme un acteur audio global, à la croisée du linéaire et du digital. Entre montée en puissance des podcasts natifs, diversification thématique et rapprochement entre antenne, vidéo et numérique, RTL accélère sa transformation tout en restant fidèle à son ADN : populaire, accessible et exigeante.
MEDIA +
La marque RTL ambitionne de devenir un acteur majeur du son, à la fois en linéaire et en digital. Qu’est-ce que cela implique concrètement ?
JONATHAN CURIEL
C’est une montée en puissance qui est nécessaire. Nous avons voulu impulser un double mouvement : faire évoluer la grille de l’antenne tout en accélérant sur le digital. Les émissions d’antenne fonctionnaient déjà bien en podcast (RTL est la seule radio à placer 8 podcasts dans le Top 30 français et dispose du podcast numéro 1 en France avec «Les Grosses Têtes»), mais il fallait aller plus loin, avec une véritable offre de podcasts natifs. L’idée était de dépasser le simple replay de l’antenne pour renforcer notre catalogue avec de nouvelles thématiques sur lesquelles on n’attendait pas forcément RTL: la science, la philosophie, le développement personnel… Nous avons renforcé nos formats autour du fait divers et de l’histoire. Nous avons des podcasts conversationnels («Les 1001 vies avec Xavier de Moulin»), des podcasts de rebond sur l’actualité (Le Louvre, la mort du streamer Jean Pormanove…), des grandes sagas culturelles, des podcasts de sport, d’économie, d’écologie, des grandes thématiques à base d’archives («Les femmes ont la parole» avec Clara Luciani) et des séries sur ce modèle. Notre ambition est d’explorer de nouveaux horizons, d’aller sur toutes les thématiques susceptibles d’intéresser les Français, toujours avec la tonalité RTL : de l’exigence, de l’accessibilité, de la pédagogie.
MEDIA +
Y avait-il une demande du public d’RTL pour ces formats natifs, ou s’agissait-il plutôt d’une opportunité business ?
JONATHAN CURIEL
Un peu des deux. Il n’y avait pas forcément une demande explicite du public, mais nous estimons qu’en tant que grande radio populaire, RTL doit proposer une offre de podcasts large et qualitative. Bien sûr, il existe un enjeu de monétisation : plus notre offre est riche et consommée, plus elle devient intéressante commercialement. Notre moteur principal, c’était une évolution d’image et la volonté d’offrir à notre public une expérience RTL renouvelée, plus moderne. Nous essayons de faire évoluer la perception de l’offre digitale de RTL avec ces nouveautés.
MEDIA +
Aujourd’hui, il n’y a plus de frontière entre linéaire et non linéaire…
JONATHAN CURIEL
Exactement ! RTL doit être une marque audio globale. L’antenne reste essentielle : c’est un média d’habitude, avec ses rendez-vous quotidiens, et il faut préserver cette force. Mais nous créons de plus en plus de passerelles entre le digital et le linéaire. Un podcast natif peut désormais être diffusé à l’antenne, et inversement. Il existe une vraie porosité entre ces deux mondes qui ne font en réalité qu’un. L’objectif, c’est de faire rayonner la marque sur tous les canaux, y compris sur nos réseaux sociaux qui marchent très bien.
MEDIA +
Comment travaillez-vous pour faire évoluer cette image de marque ? Y a-t-il une vraie stratégie marketing derrière ?
JONATHAN CURIEL
À ce stade, sur l’offre digitale, c’est encore un travail collaboratif avec Hervé Béroud, directeur de l’information du Groupe M6, Julien Mielcarek, directeur de l’audio et de l’information digitale RTL-M6, et l’ensemble des équipes. L’objectif est simple : identifier les thématiques que le public aimerait entendre et que nous avons envie d’explorer. La science n’existait pas encore chez nous, la philosophie ou la géopolitique non plus. Tout comme notre nouveau podcast d’info quotidien. Nous explorons aussi des thématiques qui permettent de s’évader, d’apprendre et de faire face au réel, l’espace, le développement personnel – parce qu’elles répondent à un besoin fort. Dans un contexte anxiogène, le podcast offre souvent une parenthèse réconfortante : écouter un récit, une idée, une histoire, pour penser à autre chose.
MEDIA +
RTL déploie-t-elle désormais une stratégie audio-vidéo intégrée ?
JONATHAN CURIEL
Oui, on essaye de lier au maximum l’audio et la vidéo. C’est la même logique que celle du digital et de l’antenne : les deux univers sont liés. Nous mettons désormais en image un maximum d’émissions. On s’en amuse d’ailleurs avec Laurent Gerra qui déteste la vidéo ! Il n’aime pas lire un texte face caméra, et je le comprends, mais la vidéo est aujourd’hui incontournable: elle fait partie intégrante de la consommation audio. C’est pour cela que nous travaillons sur un nouveau Studio Podcast, qui sera opérationnel début 2026. Ce lieu permettra d’enregistrer des podcasts natifs dans un environnement pensé pour la vidéo, avec une approche visuelle différente de celle des studios radio traditionnels.
MEDIA +
Vous avez aussi réinternalisé la rédaction digitale…
JONATHAN CURIEL
Cela nous rend plus agiles, plus réactifs et plus mobiles.
MEDIA +
Le fait d’être une marque audio globale aide-t-il à mieux vendre la publicité ?
JONATHAN CURIEL
Les deux univers (linéaire et digital) vont souvent de pair. Le digital connaît une forte croissance, même si elle ne compense pas totalement la baisse du linéaire. C’est néanmoins un marché dynamique.
MEDIA +
L’application RTL fait aussi partie de cette stratégie. Une refonte complète est-elle prévue ?
JONATHAN CURIEL
Pas de refonte totale, non. L’application évolue progressivement, par petites touches, de façon régulière et continue. L’objectif : une meilleure lisibilité et une meilleure accessibilité. On avance.



































