Arthur ESSEBAG (Satisfaction) : «Avec TF1, nous avons prolongé notre partenariat pour trois nouvelles saisons»

Arthur ESSEBAG (Satisfaction) : «Avec TF1, nous avons prolongé notre partenariat pour trois nouvelles saisons»

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Vous lancez «Bataille Navale» sur TF1 le 12 décembre en Prime. À quels principaux écueils avez-vous été confrontés ?

Arthur ESSEBAG

Le principal défi a été la mise à l’échelle : transformer un petit jeu de société en grand show télévisé spectaculaire. Il a fallu concevoir un plateau monumental (20 mètres de long, 10 de haut) avec des écrans géants inédits en France, tout en repensant la narration visuelle pour que le public comprenne instantanément la grille et reste plongé dans la bataille. Enfin, TF1 tenait à rendre le téléspectateur acteur du jeu, en intégrant une forte dimension de quiz et de culture générale pour maintenir rythme et participation. «Bataille Navalle» est une création française, pensée et développée avec DreamSpark et produite avec Satisfaction, dans la continuité du partenariat très solide que nous avons avec TF1.

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Le décor est spectaculaire. Avez-vous envisagé d’aller plus loin ?

Arthur ESSEBAG

Au début, nous avons tout envisagé. Vraiment tout ! Nous nous sommes demandés si nous ne devions pas construire de vrais bateaux, installer les candidats dedans, multiplier les effets spéciaux, les explosions… J’ai même imaginé me costumer en amiral ! Quand on lance un format, on part souvent dans le «qui peut le plus peut le moins». Mais très vite, les contraintes techniques et budgétaires se sont imposées. Au final, nous nous sommes rendus compte que la simplicité était notre meilleure alliée. Nous avons travaillé avec un grand designer de décors américains, habitué aux gros formats US.

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Dans «Bataille Navale», l’expression culte «touché-coulé» n’est jamais prononcée. Est-ce un choix créatif ou une contrainte liée aux droits ?

Arthur ESSEBAG

C’est un peu des deux. D’abord, nous avons voulu nous coller au jeu de la bataille navale «pur», celui qui est libre de droits, et dont nous avons déposé la marque «Bataille Navale» pour la télévision. «Touché-Coulé», lui, est un autre jeu, une marque dérivée, une sorte de spin-off de la bataille navale. Ensuite, nous tenions à nous éloigner du vocabulaire guerrier.

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Combien d’émissions sont déjà prévues ?

Arthur ESSEBAG

La méthode TF1 est assez simple : on lance, on regarde les résultats des premières diffusions, et on décide ensuite. Si les audiences sont au rendez-vous, toutes les options sont ouvertes : spéciales, thématiques, versions enfants, épisodes événementiels pour Noël, Halloween, Pâques… Nous en avons parlé, nous savons que le format s’y prête, mais nous ne voulons pas brûler les étapes. Ce qui est certain, c’est qu’avec Satisfaction, nous avons re-signé pour trois saisons de partenariat avec TF1. Dans ce cadre, nous avons l’obligation, très agréable, d’amener régulièrement des nouveautés.

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Ces dernières années, vous avez lancé plusieurs marques: «10 sur 10», «Le Dernier Cercle», «The Wheel». Ces formats sont-ils amenés à revenir, et avez-vous déjà d’autres projets en tête ?

Arthur ESSEBAG

Pour «The Wheel», je ne peux pas parler au nom du producteur, c’était une production Warner et j’y intervenais en tant qu’animateur. À ce stade, je ne pense pas que le programme reviendra sur TF1. Et la chaîne a depuis lancé d’autres jeux qui ont mieux fonctionné, comme «10 sur 10» ou «Le Dernier Cercle». En revanche, ces deux-là, oui, ils reviennent. Nous tournons un nouveau «Dernier Cercle» début janvier, nous enchaînons ensuite avec «Qui veut gagner des millions ?», puis «Le Grand Concours». Si ça fait de l’audience, ça revient; si ça ne marche pas, ça s’en va… et parfois ça revient plus tard, c’est la vie des formats. Et bien sûr, nous avons d’autres projets en développement, avec Satisfaction mais aussi avec DreamSpark. C’est la beauté de ce métier : on a toujours plusieurs idées en avance, on prépare l’avenir en permanence.

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Y a-t-il d’autres jeux cultes que vous rêveriez d’adapter à la télévision ?

Arthur ESSEBAG

Ce sont les jeux de mes enfants qui m’intéressent. Nous avons acquis les droits de «Codenames», qui est le jeu le plus populaire au monde aujourd’hui. Nous avons d’ailleurs un deal exclusif avec Asmodee, le plus grand distributeur de jeux en France. Cela nous donne accès à un catalogue immense de boîtes, de mécaniques, de concepts.

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Et quels sont aujourd’hui les formats les plus exportés par Satisfaction ?

Arthur ESSEBAG

Historiquement, notre grand champion à l’export, c’est «Vendredi, tout est permis». Il y a eu jusqu’à une quarantaine d’adaptations dans le monde. Nous avons connu une petite baisse, puis un vrai revival : l’Italie, le Portugal, d’autres pays l’ont relancé avec beaucoup de succès. «Le Dernier Cercle» a été présenté au MIP, et un grand groupe international le distribue désormais. L’Allemagne l’a déjà tourné, les États-Unis arrivent, d’autres territoires suivent. Concernant «Bataille Navale», le signal est très encourageant. Le format a été présenté au MIP et à l’European Pitch ; il suscite un gros appétit. Plusieurs pays ont déjà pris des options – Espagne, Portugal, Italie, Allemagne, Pologne. Surtout, nous avons une très grosse discussion en cours avec les États-Unis. Les chaînes étrangères attendent de voir la première diffusion sur TF1. Le fait que le programme soit diffusé sur la première chaîne française les rassure. Le fait que la marque «Bataille Navale» soit connue mondialement les rassure aussi. Aujourd’hui, un fait reste vrai, Satisfaction est le premier exportateur de formats en France.

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