Reprise de 60 Millions de consommateurs: les salariés réclament de la transparence

Reprise de 60 Millions de consommateurs: les salariés réclament de la transparence

Les salariés du magazine 60 millions de consommateurs, mis en vente par l’Etat, sont dans «le flou le plus total», dénonce jeudi l’un de leurs représentants syndicaux, appelant le ministre du Commerce Serge Papin à «rendre publics» les projets de reprise.

La loi de finances 2026 actait la mise en liquidation d’ici à fin mars 2026 de l’Institut national de la consommation (INC), organisme public qui édite 60 millions de consommateurs, et l’éventuelle cession de son célèbre mensuel à un acteur privé.

Un décret publié fin mars prévoyait la nomination d’un liquidateur, pour une période de neuf mois, et un autre délai de trois mois, prolongeable en cas de besoin, pour trouver un repreneur.

Contacté, le ministère du Commerce a indiqué qu’aucune prolongation n’avait été nécessaire, sans préciser la nature ni le nombre de candidatures reçues.

Mais en l’absence de «garanties sur la pérennité du titre et de sa ligne», l’«inquiétude» règne chez les salariés, rapporte Lionel Maugain, journaliste et délégué SNME CFDT, à la veille du lancement du PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) concernant la cinquantaine de salariés de l’INC, dont une vingtaine de journalistes et «28 pigistes plus ou moins réguliers».

Dans un courrier envoyé en juin à Serge Papin, le syndicaliste et les élus du CSE (comité social et économique) de l’INC déplorent d’être «tenus dans l’ignorance» des «différents projets» parmi lesquels le ministre sera «amené à choisir» dans «quelques semaines».

Le CSE sera seulement consulté pour avis sur le repreneur retenu, le liquidateur estimant que «la publicité des projets de reprise pourrait mettre en péril l’opération», relatent les signataires.

«N’est-il pas singulier qu’un organe d’information de service public soit vendu par un ministre à un repreneur dont on ne connaît pas les intentions éditoriales, dans des conditions financières, sociales et éditoriales elles aussi inconnues?», interrogent-ils, demandant à M. Papin de «rendre publics» ou de leur «communiquer» les projets envisagés.

Sollicité, le ministère n’a pas commenté. Après un déficit de 719.000 euros en 2024, l’INC est revenu dans le vert en 2025, avec un bénéfice de 236.000 euros pour un chiffre d’affaires de 11,9 millions d’euros, selon Lionel Maugain. 60 millions de consommateurs comptait plus de 71.000 abonnés en 2025 et quelque 20.000 ventes en kiosque par numéro, d’après la même source.

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