Mostra de Venise: le cinéma indépendant à l’honneur

Mostra de Venise: le cinéma indépendant à l’honneur

La 83e édition de la Mostra de cinéma de Venise s’ouvrait mercredi en présence de George Clooney, rare représentant d’Hollywood dans un festival qui fait cette année la part belle aux films indépendants. Habitué du Lido, la mégastar de 65 ans recevra un prix pour l’ensemble de sa carrière. Avec Robert Pattinson, il fait presque figure d’exception dans un festival pourtant considéré comme une rampe de lancement pour les Oscars mais boudé par les grands studios hollywoodiens. Mais si le plus ancien festival de cinéma au monde manque de blockbusters, plusieurs films sont consacrés à des figures charismatiques, à l’instar d’Elon Musk, de Rupert Murdoch ou encore des frères Gallagher du groupe Oasis. Se déroulant jusqu’au 12 septembre, la Mostra propose une sélection solide de productions indépendantes, dont le seul documentaire en compétition officielle, «Naza» des Israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, qui dévoile en détail «les systèmes derrière le massacre calculé de civils palestiniens à Gaza par Israël». Le journaliste d’investigation et la cinéaste – l’une des deux seules femmes réalisatrices en compétition – ont déjà remporté un Oscar pour «No Other Land» en 2024, qui documentait le déplacement par Israël d’une communauté palestinienne en Cisjordanie. D’autres documentaires sur le conflit israélo-palestinien seront présentés hors compétition, à l’instar de «Citizen Osama», sur un photojournaliste à Gaza, et de «Road to Jericho» de l’Israélien Amos Gitai. En ouverture du festival mercredi soir était projeté «Ink», film retraçant l’ascension impitoyable de Rupert Murdoch au sommet des médias britanniques, signé par Danny Boyle, le réalisateur de «Trainspotting». «Bucking Fastard» de Werner Herzog avec les soeurs Rooney et Kate Mara, «Company» de Casey Affleck ou encore «Wild Horse Nine» de Martin McDonagh, qui met en scène John Malkovich et Sam Rockwell dans le rôle d’agents excentriques de la CIA, concourront également pour le Lion d’or. Robert Pattinson incarnera lui un présentateur télé sans scrupule dans «Primetime», inspiré par Chris Hansen, le créateur du programme «To Catch a Predator». Pour lancer la 2ème semaine du festival lundi, l’actrice américaine Ellen Burstyn, 93 ans, recevra un Lion d’or pour sa carrière s’étendant sur six décennies. Les grandes avant-premières hollywoodiennes qui ont été la marque de fabrique de la Mostra ces dernières années seront absentes, une tendance déjà observée dans les 2 autres grands festivals européens, Berlin et Cannes. Fera exception le documentaire «Don’t Look Back in Anger» produit par Disney et présenté hors compétition, qui retrace la tournée de retour l’an dernier du mythique groupe de britpop Oasis formé des frères Liam et Noel Gallagher, lesquels devraient être présents sur le tapis rouge samedi. Centré cette année sur des films d’auteur à moindre budget, le festival accorde une place de choix au cinéma français avec 4 longs-métrages en lice. Florian Zeller («Father») est très attendu avec son thriller «Bunker» mettant en scène le couple star espagnol Javier Bardem et Penélope Cruz. Cédric Kahn présentera lui «15/18», une plongée dans le quotidien d’une unité de soins pédopsychiatriques. Présent pour la 1ère fois sur le Lido, Nicolas Pariser («Alice et le maire») viendra défendre «Un peu avant minuit» avec Melvil Poupaud, Chiara Mastroianni et Golshifteh Farahani. Enfin, fidèle au Lido, Stéphane Brizé («La Loi du marché») proposera une nouvelle radiographie du capitalisme contemporain et de ses travers avec «Un bon petit soldat». Il y retrouve son acteur fétiche, Vincent Lindon. Cinq longs-métrages de réalisateurs italiens sont également en compétition, dont «Succederà questa notte» marquant le retour à Venise de Nanni Moretti, avec Louis Garrel, ou encore «The Echo Chamber» d’Andrea Pallaoro avec Susan Sarandon.

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