Altice envisage de doubler sa taille aux Etats-Unis dans les cinq prochaines années

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Altice envisage de doubler sa taille aux Etats-Unis dans les cinq prochaines années, un développement qui passera sans doute par des acquisitions notamment dans le câble, a indiqué mardi Dexter Goei, le patron de la filiale américaine. «Nous sommes ouverts, pour ce qui est des fusions-acquisitions», a déclaré M. Goei, interrogé sur les appétits américains du géant européen des télécoms et des médias, propriétaire entre autres de l’opérateur français SFR, des journaux «Libération», «L’Express» et de la chaîne de télévision BFM TV. «Nous voulons doubler notre présence (aux Etats-Unis) sur les 5 prochaines années», a-t-il ajouté, lors d’une conférence réunissant le gotha des médias et des télécoms à New York. Il n’a ni démenti ni confirmé des informations de presse faisant état de l’intérêt d’Altice pour le 2ème câblo-opérateur américain Charter Communications. «Nous serons patients», a déclaré Dexter Goei. «Nous aimons le câble, le câble, le câble (…) Si nous devons faire quelque chose ce sera dans le câble», a-t-il répété, écartant au passage l’idée du rachat à court terme d’un opérateur téléphonique pour pouvoir proposer une offre mobile aux Etats-Unis. Début août, des sources bancaires avaient indiqué que le groupe de Patrick Drahi était prêt à casser sa tirelire pour s’offrir Charter, groupe dont le premier actionnaire est John Malone, «mentor» et «modèle» du milliardaire français. Une telle transaction serait évaluée à près de 200 milliards de dollars. Altice USA, qui comprend les câblo-opérateurs Cablevision (Optimum) et Suddenlink, est le quatrième acteur du secteur, loin toutefois derrière les deux mastodontes que sont ComCast et Charter, qui s’accaparent les deux premières places. Cox Communications est le troisième opérateur. S’il venait à mettre la main sur Charter, le groupe de Patrick Drahi deviendrait de facto le deuxième acteur sur le marché américain où les marges sont lucratives car les abonnements y sont beaucoup plus chers comparé aux autres marchés occidentaux, notamment en France. Actuellement, les Etats-Unis sont le deuxième contributeur aux revenus du groupe après la France mais Altice n’a jamais caché son ambition de doper sa présence américaine, objectif réaffirmé par l’introduction à Wall Street fin juin d’Altice USA. Dexter Goei a par ailleurs indiqué que le lancement de la «Box», l’un des produits sur lesquels compte Altice pour se distinguer de ses concurrents américains, avait pris du retard «simplement parce que nous voulons nous assurer qu’il n’y ait pas d’accroc».