B. GUICHOU (PROCIREP) : «Le public est en quête de contenus originaux»

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La 25ème édition du Prix du producteur français de télévision se déroulera ce lundi 18 mars à Paris. Trois prix seront remis pour récompenser le professionnalisme d’une société de production. Entretien avec Blanche GUICHOU, Présidente de la commission Télévision de la PROCIREP.

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Les conditions d’attribution du Prix du producteur français de télévision évoluent-elles ?

Blanche GUICHOU

La réglementation a changé à plusieurs reprises. A une époque, il nous est même arrivé de ne délivrer qu’un seul prix. Mais nous nous sommes rendu compte que les distinctions par genre (fiction, documentaire et animation) étaient nécessaires pour une meilleure représentativité du secteur. Notre prix continue à distinguer et valoriser l’engagement, l’audace et les prises de risques des producteurs.

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En déterminant «le meilleur» producteur, votre démarche reste très subjective…

Blanche GUICHOU

Oui, et nous la revendiquons. Dès qu’il y a de l’humain quelque part, il y a une subjectivité, y compris dans le choix des projets soutenus par la commission Télévision de la PROCIREP. Cette subjectivité, c’est aussi une lecture personnelle. De ce fait, être sélectionné par ses pairs pour intégrer la short-list des nommés du Prix du producteur de télévision, c’est montrer à quel point les sociétés de production ont été remarquées et jugées excellentes. Le simple fait d’être sélectionné met un coup de projecteur sur les participants.

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Face à un public de plus en plus exigeant, la qualité des productions est-elle impactée ?

Blanche GUICHOU

Les producteurs sont les premiers spectateurs de leurs programmes. Le public est éduqué, et de plus en plus exigeant. Ce dernier est en quête de contenus originaux. Il suffit de voir comment le renouveau de la fiction française répond à cette quête du téléspectateur. Le documentaire répond quant à lui à cette tendance d’ouvrir de nouvelles portes. Enfin, sur l’animation française, la qualité du tissu de production induit une forte exportation. Le public est en quête d’excellence sur les écrans traditionnels et la retrouve aussi dans des formes de consommation plus personnelles, spontanées et individualisées.

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Avec l’émergence des plateformes, les producteurs s’ouvrent à de nouvelles perspectives…

Blanche GUICHOU

Ils l’ont toujours été ! La base de notre métier est d’imaginer de nouvelles façons de produire. Ce qui a changé, ce sont les canaux de diffusion. On ne peut plus raisonner en termes de paysage audiovisuel français. Ca n’a plus aucun sens. Le paysage audiovisuel est forcément international et transfrontalier. L’interrogation sur laquelle il faut vraiment trouver des réponses rapides, c’est de savoir comment ces nouveaux canaux de diffusion, plateformes ou diffuseurs étrangers, participent à l’élaboration et au financement de contenus produits sur le territoire français.

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Un mot sur la commission Télévision de la PROCIREP ?

Blanche GUICHOU

Nous examinons une centaine de projets à chaque commission, tous genres confondus. Nous sommes très soucieux de soutenir le développement d’œuvres de création. C’est là où toute la différence peut se faire. La commission fait des choix rigoureux et porte une grande attention au renouveau des écritures.