B. LECLUSE (Groupe SECOM) «Melody offrira l’accès, dès janvier, aux émissions cultes de TF1 des années 80»

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Créée en 2001, Melody est l’unique chaîne de télévision dédiée à la variété. Cette dernière, qui fête ses 15 ans, est une filiale du groupe SECOM (MyZen TV, Grand Lille TV, Melody, The Museum Channel, Grand Littoral TV). Rencontre avec Bruno LECLUSE, Fondateur et PDG du groupe SECOM.

média+ : Melody célèbre ses 15 ans. Comment la chaîne va-t-elle se déployer à l’avenir ? 

Bruno LECLUSE : Melody a trouvé son rythme et envisage de se déployer en 2017 sur le continent africain avec Melody d’Afrique, dédiée au patrimoine musical de l’Afrique francophone. Un projet similaire est en cours avec Melody Canada, consacré aux artistes qui ont marqué le public québécois. La thématique vintage et gold en a encore sous le pied. Diffusée en France, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg et au Liban, Melody capte un public de fidèles. Ils sont près d’1 million de téléspectateurs français par mois en audience cumulée, selon Médiamétrie. Pour des raisons de confidentialité vis-à-vis des opérateurs, on ne peut pas communiquer le nombre d’abonnés. C’est une chaîne qui se positionne sur le divertissement, bien au-delà de la musique.

média+ : Quelles sont vos ressources en matière d’archives sur Melody ? 

Bruno LECLUSE : Curieusement après 15 ans, on continue de trouver de nouveaux catalogues. Dès janvier, Melody offrira pour la première fois l’accès aux émissions cultes de TF1 des années 80 : «Sacrée Soirée», «Carnaval», «Passeport pour la forme» ou encore «Formule Un». L’air de rien, les images patrimoniales que l’on acquiert coûtent très cher. Les archives ont un coût à l’heure pratiquement similaire à celui d’un film de série B. Le modèle payant demeure la seule possibilité pour faire vivre ce type de chaîne. Quand on a lancé Melody il y a 15 ans, nous étions sur les années 60, 70, 80. Dix ans après, on couvrait les années 70, 80, 90. Peut-être que dans 5 ans, nous aurons des catalogues des années 2000.

média+ : Autre chaîne du groupe, MyZen TV, une vraie réussite à l’international…

Bruno LECLUSE : Notre chaîne est en effet présente dans une quarantaine de pays. Créée il y a 8 ans, My Zen TV a été dès le départ en Full HD. La mission d’un groupe indépendant comme le nôtre est de détecter des thématiques de niche qui vont devenir grandes. Quand on a démarré MyZen TV, personne ne croyait au bien-être. Aujourd’hui, plus personne ne tient ce discours. La chaîne a élargi son concept en 2016 pour se consacrer au mieux vivre sous un angle «life-style».

média+ : Que va devenir votre dernière-née, The Museum Channel ?

Bruno LECLUSE : Nous voulons en faire une chaîne divertissante sur le domaine de l’art. La nouvelle version sera lancée en février. La grille intégrera des émissions de divertissements avec des concours entre artistes. On veut parler d’art pour des gens un peu complexés, qui ne connaissent pas trop ce domaine ou qui le trouvent académique. A chaque fois, on veut surfer sur l’innovation technique. C’est pourquoi, nous produisons nos contenus depuis 1 an et demi en Ultra Haute Définition, là où de grandes chaînes considèrent que c’est encore trop cher de tout passer en UHD.

média+ : Autant vous visez l’international avec Melody et MyZen TV, autant Grand Lille TV et Grand Littoral TV misent sur la localité ?

Bruno LECLUSE : Les deux chaînes d’info réunies vont toucher 5 millions de personnes en TNT. Ce sont deux antennes distinctes qui ont une partie technique commune et un rédacteur global avec une trentaine de personnes qui y travaillent. Pour un groupe comme le nôtre, viser le national demandait beaucoup de moyens. Au final, nous démarrons avec des médias de proximité sur la TNT.