Cablevision: un nouvel actionnaire contre le rachat par les Dolan

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    L’un des plus gros actionnaires du câblo-opérateur Cablevision, ClearBridge, a décidé de voter contre l’offre de rachat de Cablevision par la famille Dolan, principal actionnaire, selon le «Wall Street Journal» mercredi. La direction de Cablevision avait accepté en mai que le groupe soit racheté à 100% par la famille Dolan pour 36,26 dollars par action en cash, une offre qui valorise le groupe à 22 milliards de dollars. La famille, qui détient 22,5% des actions, avait essuyé plusieurs refus du groupe et dû relever son offre plusieurs fois par rapport aux 27 dollars par action initialement proposés fin 2006. Mais selon le «WSJ», ClearBridge, un investisseur institutionnel qui détient 14% de Cablevision, prévoit de voter contre cette offre lors de la réunion des actionnaires mercredi prochain, jugeant le prix proposé trop faible. Déjà des actionnaires représentant ensemble environ 20% des voix – Gamco Investors., T. Rowe Price et Marathon Asset Management – ont indiqué qu’ils refuseraient, ajoute le «WSJ». Cablevision, qui offre télévision, téléphonie et accès Internet haut débit, sert 3 millions de clients principalement dans la région de New York, où il possède aussi deux grands lieux de spectacle, le Madison Square Garden et le Radio City Music Hall, ainsi que plusieurs équipes de sports. C’est le 6ème câblo-opérateur américain. Les actionnaires mécontents estiment que le groupe vaut bien davantage, plus de 50 dollars par action selon Gamco et T. Rowe Price, qui jugent notamment trop basse l’évaluation des actifs hors câble, dont les salles de spectacles et de nombreuses chaînes de télévision. De plus, deux firmes de conseils aux actionnaires, ISS Governance Services et Proxy Governance, ont estimé ces derniers jours qu’il fallait rejeter cette offre. Les Dolan auront du mal à relever leur prix, car pour financer cette offre, ils prévoyaient déjà d’alourdir l’endettement du groupe de 8,5 milliards de dollars, s’ajoutant à une dette déjà existante de 10,5 milliards. Mais le rachat, qui nécessitera un vote à la majorité, peut encore être voté, car beaucoup d’investisseurs sont tentés de vendre ces actions qui ont baissé de 20% depuis mai dernier.