La chaîne publique d’information en continu « n’est pas viable en l’état », selon ses futurs journalistes

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Le projet de chaîne publique d’information en continu «n’est pas viable en l’état», ont averti mercredi les Sociétés des journalistes des principaux médias qui participent à son lancement sur la TNT pour début septembre. «En l’état, ce lancement ne pourra se faire que dans de mauvaises conditions au vu de l’indifférence dont les dirigeants de France Télévisions et de Radio France font preuve vis-à-vis des craintes des journalistes de ces deux entités», avertissent les SDJ de France Info, France 2, France 3 et du site FranceTV Info dans un communiqué. Les journalistes de France Télévisions avaient déjà fait part de leurs doutes sur le fonctionnement de cette nouvelle chaîne, lors du vote en avril d’une motion de défiance contre Michel Field, leur nouveau directeur de l’information chargé de porter ce projet. Ils ont été rejoints mercredi par leurs confrères de la radio France Info, autre partie prenante de ce projet avec France 24 et l’INA. Interrogées, les directions de France Télévisions et de Radio France n’ont pas souhaité réagir. Les SDJ soulignent que «le flou le plus total demeure quant à la manière dont les journalistes des deux entreprises vont devoir collaborer», affirmant que «des réponses divergentes ont été apportées selon qu’elles provenaient de Radio France ou de France Télévisions». Concrètement, «la future chaîne ne comptant dans ses rangs aucun reporter, sera-t-il demandé aux journalistes de France 2, de France 3 ou de la radio France Info de produire des plateaux en direct sur le terrain?», demandent les SDJ. «Quelle sera la procédure pour harmoniser les informations, potentiellement contradictoires, recueillies par l’une ou l’autre des rédactions?», poursuivent-elles. Les SDJ critiquent également le nom choisi pour la chaîne, qui devrait reprendre celui de la radio «France Info». Les représentants des journalistes demandent aux présidents des deux groupes publics, Delphine Ernotte et Mathieu Gallet, d’assurer «la pérennité de chacune des rédactions impliquées sans les fusionner», de «protéger les identités éditoriales qui leur sont propres», et «de repenser le nom de la future chaîne publique d’information». «Les difficultés actuellement rencontrées par les deux groupes au moment de s’accorder sur le contenu du projet sont révélatrices d’une collaboration décidée à la hâte, sur un coin de table, sans analyse sérieuse de ses effets concrets» condamnent les SDJ.