Avec un budget de 12,6 millions d’euros dédié aux documentaires en 2009, Canal+ entend renforcer et dépoussiérer le genre. Dans le cadre du Sunny Side of the Doc, média+ s’est entretenu avec Christine Cauquelin, Directrices des Documentaires de Canal+ qui nous présente les nouveautés prévues pour cette saison.
média+ : Quelles innovations allez-vous apporter au documentaire cette prochaine saison ?
Christine Cauquelin : Pour cette saison 2009-2010, nous proposerons un tryptique autour des valeurs de la République mises à mal par les grands débats du moment: «Liberté et désobéissance», «Egalité et système de santé», «Fraternité et droit d’asile». On y verra notamment, en prime time, «L’insurrection silencieuse», «La santé à tout prix» et «Immigration : les frontières du droit». Nous retrouverons également la suite et la fin de notre collection «Le Monde et nous» avec les quadras et quinquagénaires.
média+ : Des opérations spéciales ont-elles été prévues ?
Christine Cauquelin : Nous célébrons à notre façon les 20 ans de la chute du mur de Berlin avec Antoine de Caunes qui reprend la route «En berline à Berlin» (85′) pour une visite décalée d’une des capitales les plus fascinantes du moment. Nous diffuserons également un documentaire de 52′ réalisé par Richard Puech, «Berlin, 24 heures, 20 ans après», où nous retrouverons les témoins et acteurs de la chute du mur.
média+ : Le cinéma documentaire a-t-il encore sa place sur Canal + ?
Christine Cauquelin : La case «Cinéma Documentaire» aura constamment sa place sur la chaîne. Ouverture sur le monde, grandes signatures, sujets internationaux,… le meilleur de la production mondiale se rencontre dans cette case qui ne s’interdit aucun sujet. «La paix, le jour d’après» (82′) nous montrera par exemple comment un simple citoyen britannique est arrivé à mobiliser Kofi Anan autour d’une journée mondiale de la paix. Nous retrouverons aussi «C’est dur d’être aimé par des cons», qui retrace le procès de «Charlie Hebdo», «J’irais dormir à Hollywood» (90′) ou encore «I Feel Good» (103′), une chorale à part entière composée de membres âgés de 75 à 93 ans.
média+ : Comment assurer la longévité du documentaire dans les années à venir ?
Christine Cauquelin : Des chaînes comme la BBC range le documentaire par genre. Nous ne prenons pas acte de ce dispositif. C’est une manière de le ghettoïser. Il faut au contraire le sortir de ce foisonnement et le diversifier. C’est le cas de la case mensuelle «Emergence» qui pour la 2ème année consécutive se place dans la prospective en offrant des documentaires de 52′ qui s’intéressent aux grandes tendances de la société actuelle (science, technologie, design, art de vivre, écologie,…). Pour exemple, une nouvelle vision du «Neuromarketing, des citoyens sous influence?» ou encore la révolution environnementale des studios hollywoodiens avec «Le Green Hollywood»,…
média+ : Les «Nouveaux Explorateurs» seront-ils de retour ?
Christine Cauquelin : Le club des «Nouveaux Explorateurs» présenté par Diego Buñuel persiste et signe une nouvelle saison tous les dimanches à 15h00. Ils sont 14 et ont une passion commune, parcourir le monde et partager le quotidien de ses habitants pour en découvrir les modes de vie et donner à réfléchir sur le notre.
média+ : Le documentaire est-il un genre délaissé par les moins de 35 ans ?
Christine Cauquelin : Historiquement le documentaire a toujours intéressé un public plutôt âgé. Les jeunes vont, de leur côté, consommer des séries en streaming. Pour l’instant, il n’y a pas de modèle économique sur le web, mais nous lançons un web-documentaire, «Le Challenge», qui invite les internautes à se glisser dans la peau d’un enquêteur indépendant et de partir en Amazonie à la recherche de preuves et de témoins liés au scandale écologique qui s’est produit dans les années 80 en Equateur.
média+ : Comment péréniser le documentaire ?
Christine Cauquelin : Afin de pérenniser le documentaire, il faut donner des rendez-vous fixes aux téléspectateurs. Nous voulons donner à voir le monde contemporain, décrypter ses enjeux, pointer ses zones de tension et comprendre ses mutations, c’est la vocation du documentaire sur Canal+.



































