Denzel Washington, Jared Leto et Rami Malek portent à l’écran le thriller policier «Une affaire de détails»

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Quand le film «Une affaire de détails» a été écrit, Denzel Washington venait de gagner son premier Oscar, Jared Leto arrivait tout juste à Hollywood pour se faire un nom, et Rami Malek sortait à peine de l’école primaire. Trente ans après, les trois acteurs, tous oscarisés désormais, ont uni leurs forces pour porter à l’écran ce thriller policier sombre et tortueux, qui sort vendredi aux Etats-Unis, simultanément dans les salles et en streaming sur HBO Max. «Une affaire de détails» a pour toile de fond le milieu criminel du Los Angeles de 1990 et son monde interlope. Ses principaux protagonistes: un flic en semi-retraite (Denzel Washington) qui fait équipe avec un jeune sergent brillant (Rami Malek) pour traquer le suspect d’une série de meurtres sanglants (Jared Leto). Ce brelan d’as a permis au réalisateur, John Lee Hancock, de dépoussiérer son scénario, d’adapter les dialogues et d’ajuster les personnages aux stars du moment tout en conservant l’intrigue au début des années 1990, une époque où les téléphones portables et les techniques d’investigation autour de l’ADN n’en étaient encore qu’à leurs balbutiements. «Vous n’imaginez pas le personnage la première fois que vous lisez le scénario, il vous faut le trouver», explique Denzel Washington. «Vous êtes présenté au personnage quand vous lisez le script, mais ce n’est que le tout début du travail». Pour l’acteur aux deux Oscars, il s’est agi de donner au shérif adjoint Joe «Deke» Deacon un passé sombre et une dévotion sans bornes au métier de policier, au mépris de toute vie personnelle ou de ceux qui se mettent en travers de sa route. Vieux policier désabusé, jeune détective aussi doué qu’ambitieux: la recette pourrait sembler éculée. Mais dès le départ, John Lee Hancock avait envisagé ce film comme une réponse noire et macabre aux clichés des films mettant en scène des duos policiers, récupérant selon lui à dessein ce genre pour mieux le «subvertir». Ici, tout est en clair-obscur, le suspect, les indices, et les deux justiciers se débattent en outre avec leurs propres démons tandis qu’ils tentent désespérément de mettre le meurtrier hors d’état de nuire. C’est après avoir connu le succès en 2009 avec «The Blind Side» que John Lee Hancock a été convaincu de retravailler son scénario par le producteur de «Breaking Bad», Mark Johnson. Washington s’est joint au projet parce qu’il trouvait l’écriture «différente». Pour Rami Malek, c’est devenu «une évidence» dès lors que Washington avait signé, et il a été heureux de voir Jared Leto compléter «l’énergie explosive» générée par le trio. «A un moment, je pensais «j’ai quand même beaucoup exploré le côté obscur de l’univers dans ma carrière, peut-être qu’il est temps que j’arrête»», a expliqué Leto, lauréat d’un Oscar pour son rôle de femme transgenre séropositive dans «Dallas Buyers Club». «Mais après avoir vu cette occasion passer, je ne pouvais pas dire non». Même si l’action se déroule voici trois décennies – avec des plans de sites emblématiques de Los Angeles épargnés par le passage du temps -, les acteurs estiment qu’à travers leurs failles, les personnages racontent une histoire universelle. «Lorsque l’obsession prend le pas sur beaucoup d’autres aspects de votre vie… cette année nous a sans doute appris beaucoup à ce sujet», dit Rami Malek. «Nous devenons tellement obnubilés par certaines choses, si étroits d’esprit, avec des oeillères sur ce qu’on doit accomplir dans la vie… peut-être que nous commençons à négliger les choses les plus importantes», poursuit-il. Jared Leto n’avait pas attendu l’arrivée du coronavirus pour prendre du recul. Il avait entamé une retraite silencieuse dans le désert lorsque la pandémie a touché les Etats-Unis, et n’a découvert l’étendue du drame que très tardivement.