Dernier festival pour le délégué général du Fipa Pierre-Henri Deleau

    Pierre-Henri Deleau, cofondateur et délégué général du Festival international des programmes audiovisuels (Fipa), démissionnera de ses fonctions à l’issue de la 22ème édition, qui se déroule jusqu’à dimanche à Biarritz, a-t-il annoncé. «Il y a une part de lassitude et de saturation. J’ai moins d’appétit et je risque donc de le faire moins bien», a déclaré M. Deleau, qui a visionné cette année quelque 1 550 films de 68 pays, candidats à la compétition. Seuls 65 films ont été retenus pour l’édition 2009. Son successeur sera nommé par le prochain président de la manifestation. A l’issue de ces deux décennies passées à la tête du Fipa, l’un des festivals les plus ambitieux de programmes pour la télévision, Pierre-Henri Deleau se dit «très amer» de n’avoir pas «réussi à briser le mur de la frilosité de la programmation des chaînes françaises, privées ou publiques, pour les programmes étrangers autres qu’anglo-saxons». «Les Suédois ont gagné six Fipa d’or (récompenses décernées par le festival, ndlr), les Russes cinq fois», dont le splendide «Franz et Paulina» en 2008, également récompensé à Cabourg, «mais aucun de ces films n’a été acheté» par une chaîne française, constate-t-il. A Cannes, où Pierre-Henri Deleau a été responsable de la sélection de la Quinzaine des réalisateurs pendant 30 ans, «il y avait 40 distributeurs et j’en avais toujours un pour acheter un film burkinabé ou géorgien». L’espoir, selon lui, peut venir de «la multiplication des chaînes thématiques», qui doivent alimenter leurs grilles, «même si elles n’achètent pas cher». La suppression de la publicité après 20h00 à la télévision publique peut également conduire à une ouverture car «les chaînes publiques ne sont plus obligées de courir après l’audimat». La non-reconduction cette année de la subvention de la Commission européenne de 150 000 euros au Fipa a été ressentie par le délégué général comme «un désaveu» mais n’est pas entrée en ligne de compte dans sa décision de se retirer, souligne-t-il. «Si on regarde la diversité des programmes proposés, je ne nous vois pas de rival en Europe. L’Europe a besoin d’un grand festival pour la télévision et d’un grand festival pour le cinéma, qui est celui de Cannes», déclare M. Deleau. Le Fipa attire chaque année 2 500 professionnels de l’audiovisuel