Différend Vivendi/Mediaset: les discussions bloquent sur le prix de vente

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Le géant français Vivendi, pour résoudre l’ensemble des différends l’opposant à Mediaset, est prêt à vendre 20% de sa participation dans le groupe de télévision italien, mais les discussions achoppent sur le prix de vente, a-t-on appris mercredi de sources proches du dossier.

Les deux groupes tentent de parvenir à un accord avant l’audience de vendredi devant le tribunal de Milan. Vivendi, deuxième actionnaire de Mediaset, est prêt à vendre 20% des 29% qu’il détient, selon des sources proches. Ces 20% sont actuellement gérés par une société financière, Simon Fiduciaria, en vertu d’une décision imposant à Vivendi de respecter la loi italienne sur la pluralité des médias. L’accord négocié actuellement vise à mettre un terme à toutes les procédures judiciaires en cours entre les deux groupes, qui sont à couteaux tirés depuis l’été 2016, quand Vivendi est revenu sur un accord prévoyant qu’il rachète le bouquet Mediaset Premium. Mais les discussions bloquent sur le prix de vente de cette participation. «Nous avons reçu des signaux contradictoires de Mediaset sur sa volonté de régler vraiment le différend. Un jour, ils disent une chose, un autre jour, une autre», a déclaré une source proche de Vivendi. «Nous avions proposé 3,70 euros (soit le prix auquel Vivendi a acheté les actions, NDLR), puis nous sommes descendus à 3,25 euros, alors que Mediaset proposait 2,77 euros. Là, nous avons de nouveau baissé en faisant une contreproposition à 3,10 euros mais ils ne l’ont pas prise en compte», a ajouté cette source. Elle a néanmoins souligné que Vivendi était «disponible pour trouver une solution en bonne foi» et «espérait qu’un consensus soit trouvé avant la fin de la semaine». Une source proche de Mediaset a indiqué de son côté ne pas comprendre le sens de la déclaration de Vivendi sur les «signaux contradictoires», en soulignant que le groupe italien avait fait des contre-propositions et que la balle était désormais dans le camp du groupe français. La veille, le patron de Mediaset et fils de l’ancien chef du gouvernement italien, Pier Silvio Berlusconi, s’était dit «très optimiste» sur la possibilité de trouver un accord, en estimant que «l’écart s’était réduit au minimum».

Les tensions entre Vivendi et Mediaset, vives depuis mi-2016, se sont de nouveau attisées ces derniers mois en raison du projet de holding européenne porté par le groupe italien. Mediaset entend fusionner ses activités italiennes et espagnoles, ainsi que sa participation de 15,1% dans son homologue allemand ProSiebenSat.1, et les rassembler dans une holding de droit néerlandais, baptisé MFE (Media For Europe). Cette holding vise à terme à fédérer les grands acteurs européens de la télévision afin de mieux lutter contre les plateformes numériques comme Netflix.

Mais Vivendi a contesté en Italie, en Espagne et aux Pays-Bas les statuts de MFE, adoptés lors d’assemblées générales le 4 septembre et jugés trop favorables à la famille Berlusconi. En signe d’apaisement, Mediaset a accepté de procéder à certaines modifications dans les statuts, et a convoqué une assemblée générale extraordinaire le 10 janvier pour faire valider ces changements. Mais la source proche de Vivendi a souligné que le groupe français, exigeant «le respect des actionnaires minoritaires», demandait à ce que Simon Fiduciaria puisse participer au vote, alors que Mediaset l’en avait empêché aux dernières AG.