E. KESSLER (Public Sénat) : «Je vais augmenter de 10% notre budget consacré à la co-production et au pré-achat de documentaires»

84

Pour la première année, Public Sénat s’associe comme partenaire officiel du FIPADOC. Un signe fort envoyé au genre documentaire. Quel bilan et perspectives pour le documentaire sur Public Sénat ? Entretien avec Emmanuel KESSLER, Président Directeur Général de Public Sénat.

MEDIA +

Public Sénat est partenaire officiel du FIPADOC pour la première année. Que représente cet engagement ?

EMMANUEL KESSLER

Pour la première année, Public Sénat s’associe comme partenaire officiel du FIPADOC. Le documentaire est un marqueur majeur et identitaire sur notre antenne. Ce genre télévisuel est très clairement identifié par nos téléspectateurs. À travers notre présence au FIPADOC, nous souhaitons faire passer un message fort : nous allons poursuivre, et même amplifier, notre politique de co-production et d’accompagnement du secteur documentaire. Le documentaire prend de plus en plus d’ampleur sur Public Sénat.

MEDIA +

Quelle place prend le genre documentaire sur votre antenne ?

EMMANUEL KESSLER

Nous accordons au documentaire une très belle exposition, notamment avec notre case du samedi soir en Prime, plusieurs cases le dimanche, mais aussi la création d’une nouvelle case thématique le vendredi sur l’histoire. Notre ligne éditoriale concernant le documentaire est composée de trois thématiques importantes. Premièrement, les grands enjeux de notre société. Dans le cadre d’une soirée événement, le 6 février prochain, nous proposerons le documentaire «Comme tout le monde» réalisé par 3 jeunes Julien Billion, Philippe Dinh et Patrick Muller et co-produit par Public Sénat. Ce documentaire donne la parole à trois jeunes sans domicile fixe que les réalisateurs ont suivi sur 3 ans. Il sera suivi d’un débat et de la projection du film «Hiver 54, l’abbé Pierre», incarné par Lambert Wilson. Deuxièmement, la Politique et l’Histoire. Sur cette thématique, nous proposerons un documentaire sur Simone de Beauvoir à l’occasion des 35 ans de sa disparition, co-produit par Zadig Productions et Public Sénat. Troisièmement, la vie de nos territoires. Au mois de février, au moment où le Salon International de l’Agriculture devait se tenir, nous proposerons une soirée spéciale événement avec la diffusion de trois documentaires : «La Vie est dans le Pré», «Agriculture 3.0» et «Les Ogres de la Terre». Nous aurons aussi d’autres soirées spéciales, dont l’une dédiée aux élus locaux, un an après la Covid-19.

MEDIA +

Comment évolue votre budget ?

EMMANUEL KESSLER

Notre budget de 17,5 millions d’euros est gelé depuis 2015. Dans ce budget, le documentaire prend une place de plus en plus importante. En 2015, dès ma nomination à la tête de la chaîne, j’ai souhaité réévaluer la part du budget consacré au documentaire. Je peux déjà vous annoncer que pour 2021, je vais augmenter de 10% notre budget consacré à la co-production et au pré-achat de documentaires. Notre mission est de participer au débat démocratique et citoyen.

MEDIA +

En 2020, Public Sénat a célébré ses 20 ans. Comment la chaîne se modernise-t-elle ?

EMMANUEL KESSLER

Nous avons considérablement fait évoluer les choses grâce à notre nouvelle identité de marque, un nouveau logo, de nouveaux habillages visuels et sonores et l’apparition de formats numériques. Depuis la crise de la Covid19, nous avons encore accentué cette démarche.

MEDIA +

Quel est le bilan d’audience en 2020 pour Public Sénat ?

EMMANUEL KESSLER

Nos audiences sont en hausse en 2020, une année marquée par une actualité très forte. En janvier 2020, nous avions battu un record d’audience historique en TNT avec près de 400.000 téléspectateurs pour la première diffusion du documentaire consacré à Albert Camus (1ère diffusion le samedi 4 janvier à 21h). Nous avons récidivé en décembre avec un nouveau record pour le film «Le Bon Plaisir» que les Français ont eu plaisir à voir et revoir puisque nous avons rassemblé, le 26 décembre à 21h, plus de 420.000 téléspectateurs.

MEDIA +

Quel est le bilan sur le numérique ?

EMMANUEL KESSLER

Côté digital, Public Sénat progresse très fortement. Nous sommes devenus un média global. La fréquentation de notre site web a doublé en 2020. Notre chaîne YouTube s’est considérablement développée avec une plus forte éditorialisation et visibilité de nos contenus. Nous avons ainsi doublé notre nombre d’abonnés (130.000). Sur Facebook, nous sommes toujours fortement présents. Pour rappel, nous avons été le premier acteur audiovisuel à créer un rendez-vous politique hebdomadaire sur Twitch. Une heure de questions/ réponses, «Sénat Stream», entre Jean Massiet et un sénateur diffusée en direct sur Twitch, le site de Public Sénat, et YouTube. L’objectif est de toucher davantage un public plus jeune. Les 18-35 sont ainsi le tiers de notre public numérique. Enfin, en 2021, nous allons profondément moderniser notre site web pour, à terme, favoriser la consommation de nos contenus en replay, et pourquoi pas en avant-première.