E. RAZAVI (Fild) : «Fild se positionne comme une alternative à l’info mainstream»

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Le magazine d’informations GlobalGeoNews change de nom et devient Fild. Ce nouveau média en ligne renoue avec l’information de terrain, et s’inscrit dans la lignée des magazines de grand reportage. Entretien avec Emmanuel RAZAVI, Grand reporter, Co-fondateur et Directeur de la rédaction de Fild.

Quelle est la vocation de Fild, votre média en ligne ? Sortir des sentiers battus ?

Notre vocation est à l’origine très simple : parler des grands enjeux de ce monde à travers les témoignages que nous rapportent de grands reporters et des chercheurs de terrain de renommée internationale qui racontent le monde. Nous sommes aujourd’hui présents dans 36 pays. Cela fait plusieurs années que nous développons le projet. La ligne éditoriale de Fild marque le retour du journalisme de terrain et de la pensée critique. 60% de notre travail éditorial portent sur des sujets concernant la France, et 40% sur l’étranger. En fonction de l’intérêt des lecteurs, nous verrons comment tout ça évoluera. Fild est un média centré, moderne, qui parle du monde réel et qui défend le principe d’une information exigeante, basée sur des faits, des analyses de terrain et des images. On s’inscrit dans le respect des valeurs démocratiques et du choix libre et souverain des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Quelles sont la nature et la régularité de vos diffusions ?

Une partie du contenu se décline en vidéo (40%) et en texte (60%). L’idée est d’équilibrer l’offre à 50/50. Il y a trois piliers : grands reportages, interviews et analyses. Ces dernières sont faites par des analyses de terrain. Fild se positionne comme une alternative à l’info mainstream. 83 personnes collaborent à notre média. Ils sont répartis sur les 5 continents. La rédaction a misé sur une équipe de reporters internationaux dont plusieurs ont reçu les plus grandes distinctions journalistiques, mais aussi sur des chercheurs et scientifiques de terrain renommés.

Quel est votre business model ?

C’est l’abonnement ! Parce que l’information a un coût, que ce soit en Europe ou sur des terrains de guerre à l’autre bout du monde, chaque reportage et chaque enquête nécessitent un financement conséquent. Il est important également de rester indépendant et d’amener les gens à s’engager. Nous faisons un vrai travail de sensibilisation pour expliquer la réalité de notre métier au quotidien. Lorsque nous allons enquêter, on apporte notre contribution au débat, à la réflexion et à la démocratie. Les médias d’info indépendants sont primordiaux. En moyenne, nous faisons entre 400.000 et 600.000 vues/semaine. Nous travaillons au service d’un public exigeant, en quête de qualité et l’information vérifiée.

De nouvelles formes d’écriture émergent-elles sur le reportage de terrain ?

On raconte que ce que l’on voit en respectant la langue. Nous essayons d’avoir des formats courts de 6.000 à 8.000 signes maximum. Nous avons un très beau choix éditorial en matière de photos. Sur la vidéo, les formats font entre 1’30’’ et 3’. Nous les tournons comme des magazines.

Continuez-vous à collaborer avec des chaînes de TV ?

Ponctuellement, cela peut nous arriver. Nous pouvons avoir des partenariats avec des chaînes en fonction de l’intérêt du sujet ou de la difficulté à le produire. Mais comme nous voulons amener du contenu exclusif, nous le faisons de moins en moins.