L’Institut national de l’audiovisuel (Ina) et les syndicats représentant les journalistes de l’audiovisuel ont signé, le 26 avril, un accord sur le principe d’une gestion collective des droits des journalistes par la SCAM (Société civile des auteurs multimédias). Pour Emmanuel Hoog, les termes de cet accord confirment la stratégie et la volonté de l’Ina de sauvegarder le patrimoine audiovisuel français et de le rendre toujours plus accessible.
média + : Quels sont les termes de cet accord?
Emmanuel Hoog : Cet accord précise les conditions dans lesquelles l’Ina est autorisé à utiliser les œuvres des journalistes relevant de son fond d’archives. Concrètement, il s’agit d’un pourcentage sur la valeur de l’image ou du son, car cet accord concerne tout le domaine audiovisuel, qui sera versé à la SCAM, elle-même chargée de la répartition aux journalistes. Pour faciliter la gestion, nous avons conclu cet accord tripartite entre les syndicats représentant les journalistes, l’Ina et une société de répartition de droit, la SCAM car il aurait été très difficile de gérer en direct avec les journalistes qui pouvaient faire valoir leur droit sur l’image.
média + : Quels changements apportera-t-il?
Emmanuel Hoog : Il faut revenir un peu en amont, au moment où l’on a lancé Ina.fr. On avait alors signé des accords, dans le même esprit que celui-ci, avec les auteurs, les comédiens, les interprètes… bref, tous les ayants-droits sauf les journalistes. Et pourtant l’offre était très largement constituée d’extraits de journaux télévisés, et donc de reportages faits par des journalistes. Ce site a mis en avant la question du droit à la reconnaissance du statut d’auteurs à des salariés journalistes. Cette question a toujours était présente à l’Ina, mais l’Ina.fr a permis d’accélérer la résolution d’un problème qui existait depuis toujours et n’avait jamais été clarifié. Et cet accord ne s’adresse pas qu’au site mais à l’utilisation d’images d’archives dans sa globalité et sur tous les modes d’exploitation qui existent.
média + : Y’a-t-il, autre que cet accord, des décisions à venir pour rendre encore plus accessible le patrimoine audiovisuel?
Emmanuel Hoog : On essaie de développer depuis trois mois environ sur Ina.fr, des sites thématiques autour du site principal. On a lancé notamment, un site pour les présidentielles qui connait un très grand succès où l’on peut voir l’ensemble des campagnes des candidats depuis 1965. Autre exemple qui génère une forte affluence, c’est le lancement, la semaine dernière, d’un site à l’occasion du 60ème anniversaire du Festival de Cannes, entièrement bilingue français-anglais et qui rassemble plus de 1 500 vidéos sur l’histoire du festival de 1947 à 2007. Nous prévoyons aussi de faire, à l’occasion de la fête de musique, un grand site dédié à la chanson. Et donc ponctuellement, nous continuerons à développer à l’occasion de grands événements, de grands anniversaires ou de thématiques très fortes, de nouveaux sites.



































