Entretien avec… François Lebrat, Responsable du pôle multimédia chez TDF

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    L’INA (Institut National de l’Audiovisuel) et TDF, le leader européen de la diffusion audiovisuelle, ont conclu une alliance pour développer ensemble le traçage des contenus audiovisuels. François Lebrat, responsable du pôle multimédia, explique pour média+ ce nouveau procédé technique.

    média+: En quoi consiste le traçage des contenus audiovisuels ?

    François Lebrat : Sur le plan technique, des solutions ont été développées il y a quelques années. Elles émergent aujourd’hui et permettent d’identifier un contenu audiovisuel dans le lequel on pourra extraire une signature qui caractérise l’intégralité du contenu. Si on prend un très grand fichier qui correspond à un contenu film ou à un titre musical, par ces traitements, on va en extraire un tout petit fichier qui va contenir la trace de ce contenu. Donc, c’est un peu l’équivalent d’un ADN qui permet d’identifier le contenu en travaillant directement sur des signatures. Le principe est donc de constituer des bases de signatures. Il y a plusieurs techniques qui existent sur le marché dont la solution de l’INA «Signatures» sur la partie vidéo. La solution qu’utilise TDF pour l’audio est un procédé qu’on appelle «Wavessence» qui traite la composante sonore des programmes. Le sens de l’alliance des deux solutions c’est d’avoir une panoplie à peu près complète pour pouvoir traiter n’importe quel contenu audiovisuel, soit sur sa composante vidéo, soit sur sa composante sonore. Cela fonctionne sur des contenus purement audios comme la radio, la musique ou autres mais aussi sur des contenus vidéos. Chaque contenu audiovisuel a les deux composantes: l’audio et la vidéo.

    média+: Quels contenus sont susceptibles de recevoir une traçabilité ?

    François Lebrat : Les contenus susceptibles de recevoir une traçabilité sont les contenus audiovisuels qui sont échangés sur Internet notamment ceux dont parle la commission Olivennes. Cette technique de traçage par signature est une solution qui permet d’identifier si le contenu fiché qui est échangé, appartient ou non à des bases de données qui sont référencées, et est sujet à copyright. Donc, des catalogues de films, la retransmission d’événements en direct, tout contenu qui est soumis à des droits peut être identifié grâce à ce genre de signature. Bien entendu, il faut constituer les fameuses bases. TDF et l’INA veulent pouvoir proposer aux ayants droit, aux FAI ou aux sites de partages en ligne, une solution technique qui combine plusieurs techniques et qui est adaptée à l’identification de contenus qui sont échangés.

    média+: Une fois qu’un contenu piraté a été repéré, que se passe-t-il ?

    François Lebrat : Le contenu est soit enlevé soit dénoncé. Il y a plusieurs modèles qui peuvent être suivis au niveau du marché. Il y a plusieurs manières de s’organiser, comme payer des droits pour pouvoir mettre en ligne un contenu ou négocier avec l’éditeur du contenu ou encore le retirer si l’éditeur l’interdit. Nous intervenons essentiellement sur la partie technique pour proposer des prestations qui vont permettre d’identifier quel contenu appartient ou non à une base de donnée.

    média+: Vous êtes actuellement en partenariat avec l’INA. Allez-vous étendre ce partenariat avec d’autres acteurs ?

    François Lebrat : Nous sommes ouverts à utiliser et à compléter ces plateformes par d’autres solutions techniques qui permettront d’améliorer la fiabilité du système. Plus on combine des solutions, plus on va avoir un système fiable. Nous sommes ouverts à utiliser les meilleures solutions du marché. Nous sommes en discussion avec d’autres acteurs y compris dans le domaine d’Internet, avec des sociétés qui sont spécialisées sur la partie traçage de trafic de fichiers sur Internet.