Entretien avec … Gilles Cremilleux, président du GIE Télévisions locales associées

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    Média Institute a lancé la deuxième conférence nationale des médias locaux. Une journée de tables rondes pour faire le bilan. Parmi les conférences, Gilles Cremilleux, président du GIE Télévisions locales associées est venu parler des nouveaux enjeux de la télévision locale. Rencontre…

    média + : Quel est le paysage actuel de la télévision locale ?

    Gilles Cremilleux: Il est en plein bouleversement grâce à la complémentarité du CSA. Depuis ces dernières années, on compte plus d’une centaine de télévisions locales en France mais ce chiffre cache une énorme disparité entre des chaînes diffusées uniquement dans un canton, par le câble, et une vingtaine de télévisions hertziennes accessibles partout. Le CSA lance 5 appels d’offre et il va être lancé autant de télévisions locales qu’en 20 ans. La France accumule un retard par rapport à ses voisins européens. En Espagne, il y a prés de 500 télévisions locales dont 3 ou 4 dans chaque ville. Nous sommes en train de rattraper cela pour que tous les grands bassins de population français puissent avoir une télévision locale.

    média + : Comment pouvez-vous expliquer ce retard ?

    Gilles Cremilleux: Il y a eu des réticences car la France a des traditions un peu centralisatrices et que le service public, à travers France 3, pouvait laisser penser qu’il n’y avait pas de place pour des initiatives parallèles. A une certaine époque, les médias ont pu penser que cela pouvait constituer une menace mais tout le monde a maintenant compris que c’était une évolution nécessaire du paysage audiovisuel.

    média + : Quels sont les plus grands défis de la télévision locale ?

    Gilles Cremilleux: C’est l’organisation entre elles. Elles peuvent être dirigées par Paris à l’intérieur d’un réseau et ça n’est pas le souhait. Il faut une forte mutualisation nationale pour qu’elles acquièrent ensemble des programmes et il faut définir de heures communes pour certaines émissions de manière à ce que les annonceurs puissent s’y retrouver. Il faut savoir travailler ensemble en restant maître chez soi.

    média + : Quelle est la position de la publicité face aux télévisions locales ?

    Gilles Cremilleux: Les ressources d’une télévision locale viennent de la publicité locale, des collectivités, et de la publicité nationale. Dans ce domaine, nous allons faire un rempart en signant avec des annonceurs qui nous ont paru garantir une puissance sur le marché, un véritable intérêt pour la proximité. Cela nous permettra d’acquérir une totale liberté. La machine est vraiment en train d’accélérer.

    média + : Vous avez passé un contrat avec TF1 Publicité…

    Gilles Cremilleux: La plupart des télévisions locales se sont regroupées en GIE qui a pour objectif de traiter avec un annonceur national. Nous avons passé un contrat de 3 ans dénonçable au bout de 18 mois. Nous verrons si les résultats que nous souhaitons seront à la hauteur.