F. FOUGEA (Boréales) : « Sur les projets ambitieux, la coproduction internationale est une nécessité »

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«Vous ne la verrez plus jamais comme avant», telle est la promesse de «Méditerranée, l’Odyssée pour la vie», la nouvelle collection documentaire de France 2, diffusée à partir de ce mardi 12 avril à 21h10.

MEDIA +

Avec «Méditerranée, l’Odyssée pour la vie», vos ambitions ont-elles été mises au service de cette série documentaire de 6X52’ ?

Frédéric FOUGEA

Nous aimons les projets ambitieux qui prennent du temps. Cette collection documentaire a été initiée en 2018. Il a fallu 1 an et demi de développement pour produire – avec des scientifiques et une quinzaine de coauteurs – un scénario de 120 pages. Ce scénario a été découpé en séquences comme dans une fiction. On s’est ensuite posé la question de savoir comment raconter au mieux ces histoires. Dès lors, nous avons trouvé des solutions de production technique. Puis, le tournage a été lancé sur 150 jours autour d’une cinquantaine de décors. Nous avons fait appel à 40 opérateurs de prise de vue et 12 coréalisateurs.

MEDIA +

Entre ce que vous écrivez, et ce que vous obtenez, y a-t-il toujours une cohérence ?

Frédéric FOUGEA

Le scénario est toujours bien documenté pour que le rendu soit proche de ce que nous avions écrit. Lors du tournage, il y a des choses qui se passent, et ça modifie modérément ce que nous avions imaginé. Finalement, le réel nous apporte plus que ce que nous avions écrit. Une chose est sûre, nous mettons en lumière les richesses insoupçonnées de la Méditerranée. Grâce à l’émotion et l’émerveillement, nous parvenons à faire passer de beaux messages. On espère que ça éveillera les consciences.

MEDIA +

Le montage financier international d’une production comme la vôtre est-elle la partie la plus compliquée à gérer ?

Frédéric FOUGEA

Non, pas vraiment. Cela reste un combat mais nous savons le faire. Chez Boréales, nous montons des coproductions internationales depuis 25 ans. «Méditerranée, l’Odyssée pour la vie» a été budgétée pour 6,5 M€. L’aspect particulièrement compliqué sur ce projet a été les conditions de tournage en milieu marin. Pour toute une partie, nous étions en sous-marin dans des grandes profondeurs (70 à 80 mètres). Cela a posé des problèmes logistiques, techniques et de sécurité. Le milieu marin rend tout compliqué. C’est beaucoup plus lourd qu’un tournage terrestre. Outre les conditions climatiques (vent et vagues) quand l’eau est trouble, difficile de filmer. 

MEDIA +

Comment gérez-vous ces contraintes d’ordre technique ?

Frédéric FOUGEA

En m’appuyant sur une équipe de professionnels eux-mêmes équipés, et qui font ça depuis des années. Il s’agit de Français, d’Italiens, de Grecs et d’Espagnols. Il a fallu une logistique adaptée avec des moyens techniques de pointe.

MEDIA +

Est-il plus facile de monter des coproductions internationales aujourd’hui ?

Frédéric FOUGEA

Sur les projets ambitieux, c’est une nécessité pour les grandes chaînes européennes. Ces dernières n’ont généralement pas les moyens de s’offrir seules ce genre de production. Quand elles trouvent une occasion de coproduire, elles sont ravies.

MEDIA +

Quels sont vos projets ?

Frédéric FOUGEA

Nous sommes dans un environnement ultra compétitif, il est donc difficile d’évoquer les développements en cours. Depuis 2 ans, nous avons signé un accord de coproduction sous un label de Federation. Ainsi, nous développons 5 ou 6 projets de façon à pouvoir en produire plusieurs de front. Nous produisons du contenu premium avec une ligne éditoriale cohérente : la nature, l’homme et la nature, l’aventure humaine et la science.

LES DIRIGEANTS

Frédéric FOUGEA

Président-fondateur

COORDONNEES

4 avenue du Général Leclerc 

Boulogne-Billancourt

DATE DE CREATION

1987

PRODUCTIONS

«Le Plus Bel Ami de l’Homme» (F2) ; «La Plus Ville de France» (M6) ; «Le Messager» (F3) ;…