G. CHARLES : (Groupe M6) : « Nous allons développer des micro-drama à la française. »

G. CHARLES : (Groupe M6) : « Nous allons développer des micro-drama à la française. »

Porté par une saison historique et l’effet Coupe du monde, le Groupe M6 entend accélérer sans renoncer à son goût du risque. Guillaume Charles détaille une stratégie fondée sur le direct, la complémentarité entre les antennes et M6+, ainsi que le retour en force des jeux.

Après une saison historique, dans quel état d’esprit abordez-vous cette rentrée ?

Nous bénéficions d’une dynamique très forte. M6 réalise sa meilleure saison depuis quatre ans, auprès de l’ensemble du public comme des 25-49 ans, et la Coupe du monde a joué un rôle d’accélérateur. Mais ces résultats reposent aussi sur la refonte profonde de nos grilles. L’access de M6 est très puissant, tout comme celui de W9, tandis que nos journaux télévisés atteignent des niveaux élevés. Lorsque toute la journée fonctionne, nous pouvons nous permettre d’être plus audacieux en prime time.

Jusqu’où pouvez-vous prendre des risques sans fragiliser l’économie du Groupe M6 ?

Ce sont toujours des risques mesurés. Notre solidité actuelle nous offre une période particulièrement intéressante pour lancer de nouveaux formats. Certains fonctionneront, d’autres non : cela fait partie de notre métier. M6 fêtera bientôt ses 40 ans et l’innovation demeure au cœur de son identité. La saison dernière, The Wit nous a d’ailleurs classés comme la chaîne ayant lancé le plus de nouveautés au monde. Nous n’allons donc pas nous calmer !

Le divertissement a-t-il pris une place plus importante dans votre stratégie ?

Le divertissement appartient profondément à l’ADN de M6 et c’est un savoir-faire que les plateformes viennent aussi rechercher chez nous. Les programmes feuilletonnants sont particulièrement précieux pour accompagner la digitalisation, car ils génèrent une consommation très forte sur M6+. Mais il ne faut pas oublier notre diversification dans le documentaire. Nous en produisons beaucoup plus qu’auparavant et toute notre programmation de l’après-midi, avec «Un jour, un doc», repose désormais sur ce genre. Information, documentaires et divertissements se complètent.

Plus de 35% de la consommation de M6+ concerne désormais des contenus absents des antennes. Qu’est-ce que cela change ?

M6+ n’est plus simplement une plateforme de rattrapage : elle devient une destination. Son public est en moyenne huit ans plus jeune que celui des plateformes concurrentes. Nous pouvons donc y proposer des téléréalités françaises ou étrangères ainsi que des séries acquises qui seraient parfois trop pointues pour une diffusion linéaire, mais qui trouvent parfaitement leur public en streaming. Certains programmes peuvent rencontrer un grand succès auprès des jeunes sans correspondre à une consommation à heure fixe. M6+ nous permet d’aller les chercher.

Et le phénomène des micro-dramas, ça vous intéresse pour M6+ ?

Oui. Il s’agit d’une nouvelle forme d’écriture pensée pour le mobile, avec des épisodes verticaux de quelques minutes au rythme très soutenu. Ce format peut également offrir un modèle économique intéressant à M6+. Nous allons à la fois acquérir et produire des micro-dramas. L’offre internationale est déjà très abondante, notamment en Chine, mais notre ambition est surtout de développer un micro-drama «à la française», fidèle à la tonalité de M6. Le Groupe a d’ailleurs investi dans une start-up spécialisée afin de créer des passerelles et de faire émerger des productions made in France. Les premiers titres seront proposés dès octobre.

Pourquoi souhaitez-vous renforcer la place du direct sur M6 ?

Parce que le direct reste l’une des grandes forces distinctives de la télévision. Il crée une émotion, une communion et une adrénaline que le public ressent. Nous l’avons constaté avec la Coupe du monde, le concert organisé pour les sinistrés des incendies, mais aussi avec les spectacles d’Ahmed Sylla ou d’Élodie Poux. Lorsqu’un duplex est réalisé depuis le journal télévisé, chacun comprend que l’événement se déroule à cet instant précis : cela renforce immédiatement sa puissance. Dès que nous pouvons proposer du direct, nous le faisons.

Le direct permet-il également de réengager les téléspectateurs ?

Absolument. Cette saison, les cinq derniers primes à élimination de «La France a un incroyable talent» seront diffusés en direct. Jusqu’ici, le public votait principalement lors de la finale ; il pourra désormais peser beaucoup plus tôt sur la compétition. Le direct transforme le téléspectateur en participant et donne le sentiment que tout peut arriver. Cyril Hanouna maîtrise évidemment très bien cet exercice sur W9 et se verra également confier de grands divertissements en direct sur M6.

M6 a longtemps cherché sa place dans les jeux. L’avez-vous enfin trouvée ?

Oui, très clairement. «La Roue de la fortune» ne cesse de progresser à 17h30 et nous n’allons pas nous arrêter en si bon chemin. Une véritable habitude s’est installée. À 18h30, nous continuerons avec «Le Juste Prix», puis «Money Drop», présenté par Olivier Minne. «Le Maillon faible» reste également présent le week-end. Nous avons su saisir au bon moment l’opportunité de relancer ces marques cultes. Après avoir longtemps cherché notre territoire dans le jeu, nous l’avons trouvé.

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