Gael García Bernal prône une alliance face à «l’hégémonie» du cinéma américain

Gael García Bernal prône une alliance face à «l’hégémonie» du cinéma américain

L’acteur et cinéaste mexicain Gael García Bernal estime que le cinéma latino-américain et le cinéma européen partagent une pensée critique «plus nécessaire que jamais» face à la polarisation sociale et à «l’hégémonie» du cinéma américain.

Face à «une hégémonie du cinéma en anglais, du cinéma des Etats-Unis», les productions d’Amérique latine et d’Europe doivent s’unir dans un «dialogue entre ces deux continents», car elles partagent «certains principes éthiques fondamentaux» tels que la défense «du migrant, de l’étranger», a-t-il affirmé, en marge d’un acte de reconnaissance pour sa carrière célébré à Mexico mardi.

Le cinéaste âgé de 47 ans a reçu mardi la médaille des Arts et Lettres, remise par le ministère français de la Culture.

Depuis la révélation internationale de la première du film «Amours chiennes» (2000), de son compatriote Alejandro González Iñárritu au Festival de Cannes, jusqu’à des films comme «La Science des rêves» (2006) du Français Michel Gondry, la France a joué un rôle essentiel dans la carrière de García Bernal.

La décoration lui a également rappelé ses lointaines racines françaises, amenées au Mexique au XIXe siècle par son arrière-arrière-grand-père José Lamarque, dont il n’avait jamais parlé, pas même à ses enfants Lázaro et Libertad qui, présents à la cérémonie, ont découvert pour la 1ère fois ce lien familial avec la France. Mais pour Gael García Bernal, cette médaille «est aussi une reconnaissance du sentiment de ne pas être seul dans le combat», car «plus que jamais, nous avons besoin aujourd’hui d’une société critique», à laquelle peut contribuer le cinéma des deux côtés de l’Atlantique, a-t-il souligné.

Après «des moments spectaculaires avec des films européens qui ont bien marché ici, ou avec des films mexicains et latino-américains qui ont fonctionné en Europe, de nouveaux paramètres émergent, un immense monde s’ouvre», a-t-il insisté.

Gael García Bernal incarne actuellement l’explorateur portugais Fernand de Magellan, dans le film «Magellan» du cinéaste philippin Lav Diaz, présenté au dernier Festival de Cannes.

Parallèlement, il n’a pas cessé de travailler avec «Canada Films» et «Ambulante», les projets qu’il a lancés il y a deux décennies avec son ami et compatriote Diego Luna pour promouvoir la production et la diffusion de documentaires comme instrument de transformation sociale.

«Le documentaire élimine le discours unique», a-t-il souligné.

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