H. MICHEL (TVFI) : «Le Prix export TV France International incarne le succès des productions audiovisuelles françaises»

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C’est au Trianon & Elysées Montmartre, à Paris, que TV France International va décerner, ce lundi 26 mars, son Prix export 2018, dans le cadre de la soirée de remise du Prix du Producteur français de télévision de la PROCIREP. Entretien avec Hervé MICHEL, Président de TV France international.

média+ : Quelle est la vocation du Prix export TV France International ?

Hervé MICHEL : Ce prix distingue chaque année, depuis 2004, le travail des exportateurs français et récompense ceux dont les programmes se sont les mieux vendus dans 3 catégories : Animation, Documentaire et Fiction. Ce sont des programmes que l’on connaît a priori en France dans la mesure où ils ont acquis une certaine notoriété. La deuxième vocation de ce prix consiste à parler de notre métier d’exportateur, de vendeur, d’intermédiaire dont on parle assez peu. Parler de notre métier, c’est important. Le Prix export TV France International incarne le succès des productions audiovisuelles françaises sur le marché international, en termes d’audience comme de ventes, avec un record de 189,1 millions € en 2016 (+15,2% vs 2015). L’ensemble des flux internationaux, y compris les préventes et les coproductions, a représenté plus d’un tiers de milliard d’euros (336,6 millions €).

 L’export de programmes français se porte bien. Est-ce réellement le cas ?

 C’est exact ! Nous sommes portés par l’internationalisation des programmes. Nous connaissons une réelle amélioration de la qualité de nos contenus depuis quelques années, notamment en fiction. Quant à l’animation, la France a toujours été excellente à la fois en volume et en qualité. Il y a quelques années, la fiction française n’était pas à son top. Elle fait un véritable bon en avant en termes de qualité et de variété. A l’international, cela se traduit par des chiffres en progression. Pour autant, nous avons des concurrents incroyablement féroces. La guerre commerciale sur le marché des programmes est partout. Les Turcs, les Sud-Coréens ou encore les Israéliens, que l’on entendait assez peu ces dernières années, s’imposent de plus en plus.

Face à l’internationalisation des programmes dans chaque territoire, la part du gâteau risque-t-elle de se réduire ?

Avec la surabondance des programmes, c’est effectivement un risque. Après, il existe tellement de nouveaux modes de réception et d’intérêt de la part du public, que chaque contenu peut trouver sa place.

La surabondance de l’offre s’est-elle accentuée par le biais des plateformes SVOD ?

Les programmes français connaissent un succès international mais l’international s’intéresse aussi à la France. Entre la mondialisation, le fait que le public voyagent et s’intéressent à ce qui se fait ailleurs, que les barrières de la langue tombent et que les offres de programmes (OTT, SVOD,…) bousculent les modèles traditionnels, les programmes s’épanouissent autrement. Quand Amazon achète une seconde fenêtre de «Demain nous appartient» (TF1), c’est un exemple probant. Les nouveaux modèles économiques d’amortissement des programmes créent un appel d’air pour de nouvelles productions partout dans le monde.

Quelle est votre feuille de route à TVFI ?

Notre stratégie de fond consiste à promouvoir l’offre de programmes français sur le marché international, faciliter les coproductions, informer ses adhérents, et fédérer leurs actions. TVFI se place aux côtés des exportateurs ainsi que de toutes les sociétés, petites ou grandes, indépendantes ou rattachées à un groupe. Nous les accompagnons tout au long de l’année, sur l’ensemble des marchés. A travers notre base de données et notre outil de visionnage numérique, nous les accompagnons. Nous travaillons en osmose et en étroite relation avec eux pour les écouter, les entendre et prendre en compte leurs demandes.