Benoît Hamon, porte-parole du PS, a qualifié mardi Patrick de Carolis, d’«auxiliaire», de «courroie de transmission du pouvoir», s’insurgeant contre la demande du gouvernement au président de France Télévisions de décider lui-même de la suppression partielle de la publicité. «Nous n’avons pas besoin que soit adoptée la suppression de la publicité, puisque M. de Carolis peut la mettre en oeuvre tout seul», a ironisé l’eurodéputé lors d’un point de presse à l’issue du secrétariat national du PS. «Cette réforme manifestement n’avait besoin ni d’une loi, ni d’un décret», a poursuivi M. Hamon pour qui M. de Carolis «est considéré par le pouvoir politique comme un auxiliaire chargé de mettre en oeuvre les choix politiques du gouvernement». «On a bien désormais une conception de l’audiovisuel public comme une courroie de transmission du pouvoir politique», a déploré l’eurodéputé. Qualifiant de «piètre besogne», le travail demandé par la ministre Christine Albanel à M.de Carolis, M. Hamon a jugé que «ce n’était pas très honorable de demander au patron de l’audiovisuel public ce que le pouvoir politique n’a pas réussi à faire pour l’instant». Pour lui, «si M. de Carolis peut anticiper la loi et lui même décider de la publicité après 20 heures, c’est qu’il n’y a pas besoin ni de loi, ni de décret». Cela illustre pour M. Hamon «l’inutilité de cette loi» et «des rapports problématiques désormais du pouvoir politique avec les médias en général». «Demain le patron de l’audiovisuel public (…) – ce sera son allié à lui, il l’aura nommé – sera la courroie de transmission des choix du président de la République», a affirmé l’eurodéputé. «Le seul pays où on a un président de la République qui nomme et révoque le patron de l’audiovisuel public (…) c’est la Russie de M. Poutine… Donc le modèle qui inspire aujourd’hui la France, ce n’est même pas le modèle italien, c’est le modèle russe. Bravo en matière de progrès démocratique!», a-t-il lancé.