J. MILLEREUX (TF1) : « L’équipe de France de football retrouve sa maison : TF1. »

J. MILLEREUX (TF1) : « L’équipe de France de football retrouve sa maison : TF1. »

Maintien de «Téléfoot», retour des Bleus, ambitions dans le rugby et le basket : Julien Millereux, directeur des sports de TF1, défend une stratégie alliant puissance des événements et discipline économique.

Quelle logique guide vos acquisitions sportives ?

Le sport est un pilier de TF1, mais nous restons sélectifs, dans une économie raisonnée entre coût des programmes et recettes publicitaires. Nous privilégions les événements puissants, les sports collectifs et les équipes de France. Au-delà de l’audience, leur force réside dans les émotions partagées.

Regrettez-vous de ne pas avoir diffusé le Mondial 2026 ?

Non. Notre choix relevait de notre discipline économique en matière de droits : dans les conditions proposées, l’investissement ne nous semblait pas raisonnable. Une fois la compétition terminée, les audiences retrouvent généralement leur niveau habituel. Cela s’est confirmé cette année pour M6 avec des audiences revenues à leurs niveaux d’avant. Ce constat conforte notre analyse.

Cela influencera-t-il votre position pour 2030 ?

Nous verrons. Je ne suis pas devin sur l’évolution de la consommation télévisuelle ou de l’économie des médias dans quatre ans. Pour 2026, aucun regret : ce que nous pressentions s’est confirmé.

Au printemps, vous aviez annoncé l’arrêt de «Téléfoot» dans sa forme actuelle. Pourquoi l’avoir finalement maintenu ?

Nous comptions vraiment arrêter et cela a provoqué de nombreuses réactions, jusqu’au Président de la République, ce qui rappelle la force de la marque et sa dimension patrimoniale. Mais il fallait toujours respecter notre discipline économique. Des aménagements du contrat avec la Ligue ont permis de créer avec L’Équipe une seconde émission, «Téléfoot L’After». Les économies d’échelle permettent de poursuivre «Téléfoot» et d’engager sa 50e saison.

Comment ce second rendez-vous s’articule-t-il avec l’émission historique ?

Sur TF1, «Téléfoot» est un peu plus long, mais conserve son ADN, fait de reportages et de grands formats. «Téléfoot L’After», sur L’Équipe puis TF1+, est un talk consacré à la Ligue 1, animé par Grégoire Margotton avec Bixente Lizarazu et des journalistes des deux groupes. Les formats se complètent. L’Équipe bénéficie d’une marque forte et la Ligue 1 d’une exposition accrue en clair, tandis que TF1 pérennise son émission.

Ce modèle pourrait-il s’appliquer à d’autres marques de TF1 ?

Il répond à des contraintes précises. Nous avions déjà exploité «Téléfoot» sous licence, mais autrement. D’autres opportunités peuvent être étudiées si elles bénéficient à TF1 et à ses partenaires.

Comment réinstaller TF1 comme la chaîne des Bleus avec Zidane ?

Pas «réinstaller» : nous l’avons toujours été ! Le Mondial était une parenthèse de cinq semaines. Avec dix matchs par an, les Bleus restent notre fil rouge. Le football de l’équipe de France revient à la maison. Zinédine Zidane est une icône au-delà du sport ; son arrivée suscite la curiosité. Tous les matchs des Bleus seront sur TF1 jusqu’à la fin de l’Euro 2028, dont nous diffuserons les 25 meilleures affiches.

Quel bilan tirez-vous du Championnat des Nations de rugby ?

Les matchs des Bleus ont réalisé des parts d’audience satisfaisantes le matin. Cette compétition doit s’installer : les rencontres de juillet étaient jusque-là peu exposées sur des chaînes payantes. Le contexte concurrentiel était exceptionnel cette année avec Le Mondial et le Tour de France qui occupaient l’espace médiatique. Ne tirons pas de conclusions définitives sur quelques matchs. En novembre, les Bleus joueront quatre rencontres, dont la phase finale à Londres. Premiers de leur poule, ils peuvent viser la finale. Il y aura des enjeux dans tous les autres matchs grâce à ce nouveau format de compétition.

Quelles sont vos ambitions dans le basket et le sport féminin ?

Après les Euros, place au Mondial féminin. Les Bleues, vice-championnes olympiques, peuvent viser le dernier carré, même si les Américaines restent favorites. J’étais à l’Accor Arena pour le match des Bleus face à la Slovénie : quel engouement ! Avec une star mondiale et une belle génération, le basket franchit un cap. Notre puissance marketing peut l’aider à grandir au fil de nos droits, jusqu’à l’Euro 2029.

Que change la diffusion sur TF1+ et Netflix ?

Le sport renforce d’abord avant tout notre leadership sur la télévision linéaire, auprès du public et des annonceurs. Il se consomme principalement en direct, ensemble. Grâce à notre accord de distribution, Netflix élargit notre capacité à toucher le public. Le visionnage à la demande n’est pas le premier atout du sport mais nous développons des formats pour promouvoir les événements et raconter d’autres histoires sur les réseaux sociaux et le digital.

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