Jean-Pierre Pernaut: l’inusable présentateur du 13 Heures de TF1 imprime sa marque sur l’interview présidentielle

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Ruralité, personnes âgées, critique des grèves: l’exercice de l’interview présidentielle a été l’occasion pour l’inusable présentateur du 13 Heures de TF1, Jean-Pierre Pernaut, de mettre en avant les thèmes qui lui sont chers.Les fidèles de ce JT toujours très regardé auront reconnu la patte du journaliste: il a commencé par un point météo. «On s’intéresse aussi au temps qu’il fait», justifie-t-il. «C’est un journal où on va beaucoup parler de vie quotidienne, comme tous les jours. Mais d’abord, l’actualité brûlante d’aujourd’hui et de cette semaine, c’est la situation en Syrie», a-t-il embrayé. Le contraste est alors saisissant entre d’une part l’évocation des horreurs des attaques à l’arme chimique et d’autre part le cadre coloré d’une salle de classe très moderne, impeccablement rangée, à Berd’huis (Orne). Ce sera le seul sujet de politique étrangère discuté, pendant trois minutes sur un total de 1h12. Jean-Pierre Pernaut va ensuite aborder avec Emmanuel Macron une multitude de questions nationales, illustrées par des reportages en province. Pour le premier, dans le Nord, des passants sont interrogés sur l’image du président. «À l’Élysée par définition, est-ce que vous n’êtes pas un peu trop isolé? Est-ce que vous entendez ces critiques?», rebondit l’intervieweur. Arrive un sujet qui lui tient à coeur, tandis que le président défend ses réformes fiscales: le pouvoir d’achat des retraités. «Alors les personnes âgées, par exemple, vous écoutent expliquer ça depuis quelques mois, ils comprennent pas. On en reparlera dans quelques instants», lance Jean-Pierre Pernaut. Quand M. Macron dit vouloir défendre les plus faibles, il est coupé: «On le verra avec des gens en territoire rural, qui se sentent parfois oubliés». Sentiment illustré par un reportage dans un canton de Saône-et-Loire qui a perdu une école et un médecin. Mais d’abord la grève à la SNCF: «Un bras de fer qui semble insoluble pour l’instant, et déjà des usagers excédés. Écoutez-en quelques-uns». «Non mais pensez aux gens qui sont coincés dans les trains ou qui n’en ont pas», glissera-t-il ensuite. Même ton critique sur la sécurité routière: «Vous évoquiez l’intelligence territoriale. Est-ce qu’on ne l’a pas complètement oubliée dans la décision très parisienne et très technocratique de limiter la vitesse à 80 km/h sur les routes?». Mais Jean-Pierre Pernaut sait aussi manier l’autodérision. Après avoir parlé des maisons de retraite médicalisées (Ehpad): «On parlait des plus anciens d’entre nous. J’en fais peut-être aussi un petit peu partie à la télévision. Il y en a beaucoup, en préparant cette émission, qui m’ont envoyé des messages en me disant: on n’en peut plus. Pourquoi il s’en est pris aux retraités avec la CSG?» «Même s’il n’est certainement pas très offensif, il a bossé les sujets bien plus que de nombreux journalistes politiques», a jugé sur Twitter l’historien Thomas Snegaroff, chroniqueur sur franceinfo.